21 décembre 2008

Suisses










J'apprends par la télévision qu'on a retiré récemment près de trente mètres cubes de déchets divers de la pièce d'eau des Suisses. Dire que j'ai toujours cru que c'étaient des gens propres !

19 décembre 2008

Georges-Yves Kervern

Merci encore à tous ceux qui ont écrit, se sont manifestés ou sont venus à Chabeuil pour assister aux obsèques de mon père. Ils ne peuvent pas savoir comme cela a fait plaisir à ma mère et à toute la famille. J'avais promis de mettre les photos en ligne, les voici : voir les photos ici.
Voici aussi un lien vers le site de l'UTC, qui publie de nombreux et émouvants témoignages d'étudiants, de profs ou d'administratifs anciens ou actuels, qui ont connu Guy Deniélou.
Par une coïncidence funeste, à peine rentrée j'ai appris le décès de Georges-Yves Kervern, figure des rencontres Internet d'Autrans et des voyages de l'ACSEL. Comme mon père (qu'il admirait, je le sais) il était breton, scientifique, humaniste, doté d'un humour décapant et d'une intelligence innovante. C'était «l'Assureur» de mes romans photos. Je perds avec lui un ami bienveillant. Il va nous manquer.

14 décembre 2008

L'entraînement

En prévision de l’épreuve qu’il devait passer, l’homme décida de s’entraîner sérieusement et commença par arrêter de fumer. Sa collection de pipes, désormais inutile, fut léguée à l’une de ses filles qui la vendit à la braderie. Un sculpteur qui créait des formes inquiétantes à partir d’objets de récupération lui acheta le lot pour en faire des becs, des mentons, des doigts. S’il y en eut certains, dans la famille, pour regretter le parfum de miel et de figue du tabac anglais qu’il achetait fort cher, sa calme résolution suscita l’admiration de tous.

À quelque temps de là, il arrêta de boire, et le fit, comme pour le tabac, du jour au lendemain, sans difficulté apparente : plus une goutte d’alcool ne pénétra désormais dans sa gorge, et tant pis pour le porto 20 ans d’âge qu’il prisait fort jusque là. Comme il n’était pas le seul à l’apprécier, il reçut moins de visites à l’heure de l’apéritif. Aux repas, il remplaça le saint-joseph par de la grenadine au grand dégoût de ses commensaux mais ne s’en porta pas plus mal.

Puis, sans même prévenir sa femme qu’il emmenait chaque jour faire les courses au supermarché, il arrêta brusquement de conduire. L’épouse prit l’habitude d’aller faire ses emplettes quotidiennes à pied en tirant son chariot et ne revit plus la mer, la montagne, la ville. Lui non plus, ce qui ne semblait pas lui causer de souci. « Une quoi ? » demandait-il avec une certaine mauvaise foi lorsque quelqu’un prononçait devant lui le mot « voiture ».

Poursuivant son entraînement, il arrêta un jour de jouer aux échecs. Ce champion, qui avait joué contre les meilleurs et avait fait une nulle contre Larsen lui-même, battait régulièrement l’ordinateur dont il avait compris le fonctionnement et connaissait par cœur les parties célèbres et les ouvertures répertoriées. On ne s’étonna donc pas de sa décision, bien qu’il passât ordinairement à sa table d’échecs un temps considérable, concentré sur ses coups et sourd aux conversations. Ce temps fut désormais consacré à la lecture et à la télévision.

J’étais présente lorsqu’il arrêta le repas de midi. Il en fit part le jour même à son médecin, qui n’y trouva rien à redire dans la mesure où il continuait à petit déjeuner et à souper à peu près normalement, mais lui prescrivit tout de même un complément alimentaire protéiné qu’il devait prendre vers 16 heures.

L’arrêt du repas du soir suivit peu après et le petit-déjeuner fut abandonné lui aussi avec la même apparente indifférence. La date approchait maintenant, et l’entraînement devait s’intensifier.

Aussi, quand le jour de l’épreuve arriva, l’homme se sentit parfaitement préparé.

Et sans un mot, après un petit sourire, il arrêta de respirer.

EC

13 décembre 2008

Guy Deniélou


















Guy Deniélou a rendu hier soir son dernier sourire. Né le 14 juin 1923, il avait eu trois carrières et deux vies. Trois carrières, puisque d'officier de marine commandant de sous-marins, il devint chercheur en génie nucléaire au CEN Grenoble puis au CEN Cadarache, et quitta le CEA pour fonder, sur le modèle du MIT, l'UTC (Université de Technologie de Compiègne) dont il fut le premier président. Deux vies, puisque frappé par un accident cérébral peu de temps après ses 60 ans, il se considérait comme littéralement ressuscité, ayant dû réapprendre à marcher et à parler. Grand joueur d'échecs, il avait poussé le bois contre Larsen, mais aussi contre Le Lionnais qui lui offrit Le prix de beauté aux échecs dédicacé et l'invita à sa table. Latiniste, érudit, amateur de calembours, de contrepèteries et de jeux oulipiens, excellent cuisinier, curieux de tout et toujours optimiste, il aborda la fin de sa vie avec l'humour qui ne l'avait jamais quitté. C'était mon père.

12 décembre 2008

Oulipo : Autoportraits

«Autoportraits» hier soir au dernier jeudi 2008 des Oulipiens. J'avais déjà entendu la plupart de leurs variations désopilantes sur un texte de Paul Fournel, mais pas encore celle de Marcel Bénabou, qui s'est surpassé. Anne F. Garréta et Valérie Beaudouin ont lu des TTS (comprendre : tu te souviens...) et Michelle Grangaud des listes de mots désignant la femme, mais classés par ordre historique d'apparition dans le dictionnaire. Jacques Roubaud, à tout seigneur tout honneur, s'est contenté de poser (avec chronomètre toutefois). Puis est venu le moment que tout ceux qui avaient assisté à l'avant-dernière séance attendaient avec impatience, et quelques doutes. Celui de la révélation, par l'éditeur de La Princesse Hoppy ou le conte du Labrador, du secret du langage chien supérieur. Pas moins de 20 slides lui ont été nécessaires pour sa démonstration. On savait déjà que les seules lettres utilisées étaient celles du mot ULCERATIONS. Et moi j'avais, en tant qu'adepte du SQWBRNZ, deviné que «t'cea» signifiait «c'est». Mais je n'avais pas songé à permuter les lettres à chaque vers. Finalement, un truc assez simple. C'est décevant !!!

04 décembre 2008

Le peigne noir

Retenus par un peigne incrusté de poussière,
Un objet noir hideux et disproportionné,
Menaçant, agressif comme un vieux pince-nez,
Ses cheveux gris et gras sont tirés en arrière.

La seule place libre étant juste derrière,
Je l’occupe et contemple d’un œil fasciné
Le sinistre occiput, de ce plastique orné.
Je n’ai pu voir qu’un peu le pif de la rombière,

Son rictus méprisant, son teint parcheminé
Ses petits yeux méchants, son menton de sorcière,
Le parapluie pointu qu’elle a en bandoulière,

Et cela m’a suffi, bien que momentané.
Sa voisine pourtant lui conte la dernière,
Et d’un rire soudain fait plisser sa paupière.

EC

03 décembre 2008

Petit Palais


On sait qu’Hervé le Tellier écrit bien. On sait aussi qu’il lit bien. Ce qu’on sait moins, c’est qu’il parle tout aussi bien. Mon amie, Cothurne de Cerisy, se demandait comment il arrivait à rassembler ses idées si vite pour les exprimer avec cette facilité apparente. J’ajouterais que ses phrases semblent prêtes être imprimées. Il parle écrit, mais avec naturel, sans affectation. Et de quoi a-t-il donc parlé, Hervé le Tellier, ce midi au Petit Palais, dans le cadre des «mercredis midi» organisés par la Maison des écrivains et de la littérature ? De l’Oulipo, de l’écriture en général, de la contrainte en particulier. Et qu’a-t-il dit ? Il a dit que l’humour était la moindre des politesses. Que le dérisoire est une posture philosophique et le fragment une forme oulipienne ambitieuse en ce qu’elle envisage le pavage d’un monde, comme une mosaïque. Que les Oulipiens avaient une tendance à la mémoire. Que la contrainte peut être comparée à un tuyau d’arrosage : quand on presse, ça va plus loin. Il a aussi expliqué la structure de la Chapelle Sextine et révélé que ses 26 personnages (13 hommes et 13 femmes) étaient inspirés de ceux qu’il avait vus lors d’une soirée de zapping télé : Sami Frey, PPDA, Patrick Timsitt… Et imaginé une sorte de suite aux Opossums célèbres, qui mélangerait deux par deux, dans des mots valises, des personnages célèbres au sein d'une petite histoire : par exemple, Raspoutinaturner !
J'ai raccompagné Cothurne à son boulot après avoir partagé avec elle une salade nordique dans un pub irlandais, puis je suis rentrée à pied. En passant place de la Madeleine, j'ai vu que la truffe noire fraîche était à 2500 euros le kilo. Je devrais sortir plus souvent !

Vierge merdique

C. m'a raconté cette histoire qui date de quelques années : en visite chez sa sœur et son beau-frère pour quelques jours, elle couche dans le salon. — N'hésite pas, mets-toi à l'aise, lui dit sa sœur; les cassettes vidéo sont ici, regarde-toi un film avant de dormir, bonne nuit !
Sa sœur partie, C. jette un coup d'œil à leur intéressante collection de films, surprise d'y découvrir quelques titres pornos. — Eh bien, se dit-elle un peu interloquée, qui l'eût cru ? Il ne s'ennuient pas, ici !
Continuant son exploration, elle remarque alors une cassette intitulée «Vierge merdique». N'y tenant plus, et malgré un léger sentiment de culpabilité, elle met la cassette dans le magnétoscope et la démarre. Et alors, rien. La cassette était bien vierge, et merdique.

01 décembre 2008

Paris Normandie sur Twitter


Sébastien Bailly vient d'annoncer sur Facebook qu'il lançait un flux Paris Normandie sur Twitter. Je me suis aussitôt inscrite comme follower. Ils sont rares, les medias français à avoir eu cette initiative ! JS me confiait ce matin la réticence des journalistes au seul nom de Twitter. Il pense que ce qui les scandalise le plus c'est la limite de 140 caractères ! C'est pourtant une contrainte réjouissante, je trouve. Et le temps que j'ajoute cette copie d'écran, il y avait déjà 4 followers de plus.

28 novembre 2008

Caradec, l'hommage


Oublions deux minutes la politique et ses anagrammes pour évoquer le dernier Jeudi de l'Oulipo, qui, circonstances obligent, avait changé son programme de LHOOQ en Hommage à François Caradec, excusé pour cause de décès. Ils étaient 9 hier soir sous sa moustache tutélaire : Jacques Jouet, Marcel Bénabou, Michelle Grangaud, Jacques Roubaud, Bernard Cerquiglini, Hervé le Tellier, Frédéric Forte, Anne F. Garréta et Olivier Salon, dans l'ordre et de gauche à droite. Petits films, enregistrements, lectures d'extraits de La Compagnie des Zincs, du Pétomane, de Jane Avril, de Le Porc, le Coq et le Serpent, ou de son premier roman Le doigt coupé de la rue du Bison récemment paru, ont ponctué une soirée pleine d'émotion mais vide de pathos. Puis Thieri Foulc, Provéditeur Éditeur Général du Collège de 'Pataphysique, lut en conclusion un texte pour le moment inédit du «Régent Toponome & Celtipète », qui montre que les Justes arrivant à la droite de Dieu s'y empilent à l'infini, infirmant Sa réputation d'impartialité. Juste mais pas con, François Caradec a certainement dû contourner par la gauche.
Au bistrot d'en face, nous étions douze ensuite. Bonne bouffe, bon vin, bons rires, bon souvenir.

24 novembre 2008

Elle RAYA UN TIMBRE


Insoutenable suspense ! Tandis que la commission du PS tente ce matin de «récoler» les morceaux, une question me taraude à propos de Martine Aubry. Quel sera le résultat et que pourra-t-on dire d'elle ?

AU MARTYR BÉNI ou AU TYRAN BRIMÉ ??

19 novembre 2008

L'abandon déterré


Le retournement de Delanoë en faveur d'Aubry montre qu'il ne manque ni de ressort, ni de souplesse. Si cette gymnastique lui réussit et qu'il arrive à retomber sur ses deux pattes, on pourra légitimement se poser la question anagrammatique suivante :
RONDADE RENTABLE ?

18 novembre 2008

Solo intégral


Depuis le ralliement surprise de Delanoë à Aubry, Ségolène Royal mérite vraiment son anagramme :
YA LE GENRE SOLO

17 novembre 2008

Dômes


Le soleil se lève, plaque d'or le ciment blanchâtre des cheminées, fait luire le dôme des Invalides et rosir celui de Saint-Augustin. Mais ce spectacle dure trop peu de temps. Allez, au boulot !

16 novembre 2008

Monte là-dessus


Il paraît qu'on devrait faire 10000 pas par jour pour se maintenir en forme, à nos âges. Forte de ce conseil, mais sans podomètre, je suis allée, accompagnée de M., faire à Montmartre une hygiénique balade matinale. Après une montée progressive par la rue Lepic, nous sommes arrivés au sommet, devant la basilique où se concentrent, ébahis devant la vue vantée par leurs guides, les touristes de tous les pays, ceux à qui on fait prendre la caserne de Reuilly pour les Invalides et la gare de Lyon pour le Panthéon. Un mendiant massacrait au violon la lettre à Élise, qui n'en a pas besoin la pauvre. — Beethoven doit se retourner dans sa tombe, me dis-je in petto avant de me souvenir qu'heureusement, même mort, il restait sourd. Le petit train Pigalle-Montmartre arriva là dessus et déversa une cargaison de membres d'un club du 3e âge de l'Yonne. Heureuse coïncidence, une formation de jeunes tambours habillés en sans-culottes gratifia au même moment la population d'une série de ras et de flas qui ne tarda pas à faire venir les premières gouttes. Redescendus dans la rue des Abbesses par une voie plus rapide, nous nous réfugiâmes pour l'apéro sur une terrasse chauffée aux infra-rouge. Ah le petit vin blanc qu'on boit sous la tonnelle électrique !

14 novembre 2008

François Caradec


J'étais en train d'écrire le compte-rendu de ce «rompol» quand j'ai appris hier la mort de son auteur. J'avais une tendresse particulière pour François Caradec et cette annonce m'a bouleversée. J'ai écrit pour lui cette petite épitaphe anagrammatique :
Ric rac, sa faconde
Se farcira donc ça ?
Frac noir, cascade,
Son cri, ça cafarde.
mais je pense que le meilleur hommage qu'on puisse lui rendre, c'est de lire ce livre, son seul roman, dans lequel il a mis beaucoup de lui-même et de ses souvenirs.
J'ai passé ma jeunesse sous l'Occupation. J'ai été obligé d'abandonner mes études à un moment où on se faisait rafler trop facilement, je suis devenu typographe. Je me suis retrouvé déporté du travail dans un camp où j'ai réussi après un séjour d'un mois à Berlin à me faire rapatrier comme malade.

racontait-il dans une interview au Matricule des Anges que vous pouvez lire intégralement ici. Le doigt coupé de la rue du Bison se passe justement à cette époque, juste après la Libération. C'est une histoire très noire mais très bien construite, masquée derrière un polar abracadabrant, où l'on retrouve l'humour propre à l'auteur, et quantités d'allusions, de citations, de jeux de mots et de contrepèteries.

Le loup dans la pharmacie

J'accompagne N. qui doit passer prendre un médicament dans une pharmacie. Le pharmacien lui demande son adresse. — «Rue Alfred de Vigny, V, I, G, N, Y», croit-elle utile d'épeler. Le pharmacien lui donne la boîte puis déclame soudain d'un air inspiré :
Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l'incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l'horizon.
Nous marchions sans parler, dans l'humide gazon,
Mais c'est La mort du loup, m'écriai-je, échangeant un sourire attendri avec le pharmacien sous l'œil étonné de N. Nous devons avoir à peu près le même âge, le pharmacien et moi.

13 novembre 2008

Big Bed


Imaginez que pendant la période de transition, Bush et Obama soient obligés de cohabiter à la Maison Blanche, et pire, d’occuper la même chambre et le même lit toute la nuit. Et, bien que ce lit soit grand comme le sont tous les lits américains, Bush s’étale, ronfle, et occupe toute la place. Obama, quant à lui, ne trouve pas la sienne. Il remue, se retourne, s’agite, change de place, essaie le côté droit, le côté gauche, sans trouver le sommeil. À la fin, on le retrouve perpendiculaire à son «colitier», au bout du lit, le nez sur les orteils de Bush, qui pue des pieds.
C’est le rêve que j’ai fait dans la nuit du 11 au 12 novembre dernier.

12 novembre 2008

Google médecin


Voilà une utilisation de Google Trends à laquelle je n'avais pas pensé. Selon un article du New York Times daté du 11 novembre, on peut désormais mieux prévoir les épidémies de grippe grâce à la surveillance des mots-clés tapés dans Google par les gens qui s'inquiètent de leurs symptômes. La fondation Google, en accord avec le Centers for Disease Control and Prevention (CDC), a ouvert une page, Google flutrends, avec un mashup qui permet d'avoir une indication de l'activité du virus de la grippe dans chaque État américain sur lequel on passe sa souris. Une animation très bien faite (photo d'écran) montre que Google avait potentiellement prévu la dernière épidémie (janvier 2008) deux semaines avant le CDC. Deux semaines, c'est considérable pour les épidémiologistes : cela laisse le temps de mettre en place un dispositif de vaccination renforcé.

10 novembre 2008

Heureuses insomnies

Franck Martin
Vous avez bu trop de café, de temps en temps votre cœur se chiffonne brusquement puis il repart, le vent s’engouffre dans les tuyauteries avec un bruit inquiétant, M. ronfle, réjouissez-vous ! C’est le moment de vous brancher sur France Vivace et d’écouter. Cette nuit, vous auriez été comme moi scotché au poste : un violon céleste et envoûtant qui s’envole avec une pureté divine au dessus de deux orchestres à cordes, c’est Polyptyque de Franck Martin, dont Yehudi Menuhin disait :  When I play the Polyptyque by Frank Martin I feel the same responsibility, the same exaltation as when I play Bach's Chaconne. Ce n’est que la troisième ou quatrième œuvre de Franck Martin que j’entends, mais comme les fois précédentes, j’y adhère avec le même enthousiasme.

09 novembre 2008

Master


J'ai répondu il y a quelques jours à une enquête Ipsos sur les usages Internet, qui m'était proposée à l'ouverture du JDN. Elle était longue, fouillée, mais j'ai fini par arriver au bout. J'étais impatiente de voir les résultats : où étais-je classée ? Et quand les résultats se sont affichés, j'ai bien rigolé. En voilà un extrait :
Selon vos réponses à ce questionnaire, le profil se rapprochant le plus du vôtre est celui des Master-developpeurs. Véritables maîtres de la toile, les master-développeurs vivent dans la sphère du Web, de l’informatique et des nouvelles technologies. Ils représentent 8% des internautes. C’est un groupe très masculin (84% d’hommes) et jeune (73% moins de 35 ans).

08 novembre 2008

Apollinaire 1918-2008













Apollinaire était à l'honneur hier soir à Censier : Claude Debon, professeur émérite à la Sorbonne nouvelle Paris 3 (photo) présentait son livre, «Calligrammes» dans tous ses états, édition critique du recueil de Guillaume Apollinaire, paru aux éditions Calliopées: une somme passionnante représentant un travail considérable qui s'est parfois, raconte-t-elle, apparenté à une enquête policière. Pour preuve l'histoire étonnante des différents manuscrits de «La nuit d'avril 1915», dont l'original manquait à la BNF et qui fut retrouvé aux États-Unis, ou celle du titre du poème «c'est Lou qu'elle se nomme», raturé et changé par Apollinaire en «c'est Lou qu'on la nommait» après sa rencontre avec Madeleine...
Peter Read, professeur à l'université du Kent, présentait quant à lui les Dessins de Guillaume Apollinaire (par Peter Read et Claude Debon) parus dans la collection «Les Cahiers dessinés» chez Buchet-Chastel, au travers du personnage de Polichinelle, récurrent chez Apollinaire. Il projeta notamment une aquarelle saisissante, où l'on voit Polichinelle blessé à la main montrer de l'autre son crâne, à l'endroit où Apollinaire lui-même reçut son éclat d'obus.
La rencontre se termina devant l'exposition des dessins et des poèmes projetés, autour d'un verre en compagnie d'universitaires distingués, dont Daniel Delbreil, le Directeur de l'équipe «l'esprit nouveau en poésie : Apollinaire, Queneau» et d'autres «Amis de Valentin Brû».

06 novembre 2008

Question de mémoire


Sur BFM TV, Ruth Elkrieff parle à l'instant de Colin Powell — qui s’est converti à Obama et salue son élection avec des larmes de joie — comme de quelqu’un qui incarnerait l’ouverture.
— «Il incarne surtout le fait que le ridicule ne tue pas», dit M. qui se souvient de ce qu'avait dit en 2003 ce personnage à propos de l'Irak, déclarations qu'on peut retrouver ici. Les regrets qu'il a exprimés en 2005 y changent-ils quelque chose ?

05 novembre 2008

Palindromique Obama


Je suis loin d'être la première à avoir remarqué que le nom d'Obama était palindromique, je me suis juste amusée à inscrire sa tête dans ce palindrome : amabo obama, c'est à dire, en latin, «j'aimerai Obama».
À ce propos, il est intéressant de suivre sur ce blog la discussion de latinistes américains : l'un d'eux soutient qu'on devrait dire «obamam amabo» puisque Obama est complément d'objet direct. Il remarque finement que l'expression reste quand même palindromique après correction. Mais un collègue, qui cite Horace, lui démontre qu'il a tort, car rien ne prouve que le nom Obama, qui est propre et pas commun, se décline comme rosa la rose, alors que certains noms propres d'origine grecque sont en «a» à l'accusatif, comme Cyclopa ou Agamemnona. Un troisième, médiéviste, ne se dit pas choqué par l'expression amabo Obama telle quelle, qui passerait très bien en latin médiéval. J'adore ce genre de discussions.

Mashup













Sous le titre «capturing and celebrating the vote» le New-York Times appelle les internautes à lui envoyer, par email ou via Flickr, les photos des fêtes qu'ils ont improvisées pour célébrer la victoire d'Obama, et d'indiquer où elles se sont passées. Ces photos sont ensuite positionnées sur la carte des États Unis et s'affichent au passage de la souris. Cela donne une image originale, plus proche et plus émouvante qu'une illustration ordinaire, de la liesse provoquée par le résultat des élections.
Et last but not least, cela va me fournir un excellent exemple d'application de géolocalisation web 2.0 pour mon cours d'aujourd'hui !

04 novembre 2008

Matin


Un coup d'œil au lever du soleil sur Montmartre avant de partir enseigner le web marketing à l'EMI...

02 novembre 2008

Pluie


M. rentre d'Ardèche, un peu humide certes, mais sain et sauf et en relativement bon état, avec dans ses bagages quelques caillettes (photo avant cuisson), du thym de garrigue et deux bouteilles d'un excellent marsanne. Nous venons de liquider la première.
Il pleut toujours là-bas. L'Ardèche était montée de 4 mètres, me dit-il, et charriait des branches mortes «longues comme la maison».

29 octobre 2008

Soumise

J'étais blonde aux cheveux mi-longs, me voici depuis hier rousse aux cheveux courts sur une lubie de ma coiffeuse. Je la laisse faire ce qu'elle veut, je lui suis entièrement soumise. Elle me tient par la magie de son massage crânien qui me hérisse le dos et me retourne les doigts de pieds. Rhaah lovely !

27 octobre 2008

Un week-end dans le Nord (3)

video

Dimanche à Lille, au «Tri postal» Raoul a apprécié l'expositition des «Voix magnétiques» comme le prouve cette vidéo.

Un week-end dans le Nord (2)













Laurence Flahault chante des poèmes de Jacques Roubaud et de Martin Granger, mis en musique par lui-même. Au clavier, encore Martin. C'était samedi 25 octobre à la médiathèque de Tourcoing.

Un week-end dans le Nord (1)



Retour d'un week-end dans le Nord : samedi, à la médiathèque de Tourcoing, trois Oulipiens (Ian Monk, Frédéric Forte, Hervé le Tellier) faisaient une lecture, Martin Granger & Laurence Flahault chantaient du Roubaud et du Granger.

23 octobre 2008

Plancher


Si j'ai bien compris le reportage de France 2 à l'instant, les magistrats se plaignent de ce que le parquet les oblige à appliquer les peines plancher. M'enfin, ils ne peuvent tout de même pas appliquer les peines plafond? J'ai l'impression qu'on va dans le mur, là.

19 octobre 2008

Jardins


Grande balade à pied dans un Paris ensoleillé : on se serait cru au printemps sans les feuilles mortes qui jonchent les jardins.
N et R sont partis aux aurores ce matin pour New-York, et arrivés sans encombre. À l'heure qu'il est (21 h 28 ici, 15 h 28 là bas) ils doivent être en train de se promener eux aussi, sous le même soleil ou presque (la température est de 13° contre 17° chez nous à la même heure).
Dans Central Park, les amoureux ressemblent certainement à ceux du Palais Royal où j'ai pris cette photo.

Terza Rima


Un fidèle lecteur, qui préfère les mails perso aux commentaires, privant ainsi les innombrables fans de ce blog des bienfaits de son érudition (qui est grande) me signale, à propos de mon post sur le dernier jeudi de l'Oulipo, que la terza rima n'a pas été inventée par Dante mais que celui-ci l'a empruntée à son maître Brunet Latin, lequel l'avait piquée à on ne sait qui. Il y avait, dit-il, une forme voisine en quatrains enchaînés.
Ce lecteur assidu, que vous avez certainement reconnu, poursuit son message en apportant des précisions importantes sur la forme appelée «étreinte» par Paul Fournel et plagiée par anticipation par un troubadour. Je le cite :
Cette forme a été retrouvée dix fois avant lui, et en ce siècle par Dylan Thomas, Queneau et Jacques Réda (rimes ou mots-rimes).

Il a bien évidemment raison.

18 octobre 2008

Grève


Quel beau week-end en perspective ! Quel soleil !
Ils devraient faire grève plus souvent, les gens de la météo, dit M.

Poubelle


Le montant de la redevance de la collecte des ordures dépendra dorénavant du poids et de la nature des déchets rejetés.
— « Si tu dois te débarrasser d'une enclume, dit M., tu sais maintenant où la mettre : dans la poubelle des voisins ».

Vendredi


J'étais curieuse de découvrir ce nouvel hebdo, que j'ai acheté hier à ma kiosquière elle aussi passionnée. Et surprise de trouver dans l'ours en qualité de conseiller, aux côtés de Philippe Cohen, un autre Philippe, Labarde — que j'ai croisé jadis quand il était à la Tribune.
Après lecture attentive, je me pose une question : à qui s'adresse ce journal ? Si c'est aux blogueurs, twitteurs, réseauteurs et autres dingues de la toile comme moi, je ne vois pas l'intérêt de reproduire sur papier ce qu'on a déjà pu lire sur sa page Netvibes ou iGoogle. D'autant plus que ça n'est pas interactif et que les images ne bougent pas. Et si c'est aux autres, ceux qui méprisent le web par principe, ceux qui savent mal s'en servir, ceux qui n'y ont pas accès, pourquoi iraient-ils l'acheter ?

17 octobre 2008

Lauréates


Ma copine Catherine Marry ayant eu le prix Irène Joliot-Curie, qui «récompense une femme ayant apporté une contribution personnelle remarquable dans le domaine de la recherche publique ou privée en France», je me suis retrouvée hier soir rue Descartes au ministère de la Recherche, pour écouter les discours de Valérie Pécresse et de Louis Gallois, féliciter Catherine et rencontrer les trois autres lauréates.
Bravo à Louis Gallois d'avoir fait acte de présence, malgré la crise financière qui doit l'occuper à quasi plein temps en tant que CEO d'EADS, sponsor de l'événement. Il n'a d'ailleurs pas fait que ça : il s'est payé le luxe de critiquer franchement les polytechniciens qui partent tous dans la banque au lieu d'aller soutenir l'industrie, et finissent par fabriquer les produits financiers zarbis qui sont en partie à l'origine de la crise. Il est vrai que c'est un HEC, lui. Valérie Pécresse, bon discours par ailleurs, s'est du coup sentie obligée de rectifier et de défendre ses X. Gallois, mort de rire, se gondolait sur son fauteuil.
Les 450 personnes présentes n'avaient pas pu rentrer dans la salle qui n'en contient que 200. La moitié a dû se contenter de suivre la cérémonie de remise de prix sur écran. Chaque lauréate a eu droit, en plus du prix, a un petit film sur sa vie, très bien réalisé. Celui de Catherine mettait l'accent sur son jardin secret, la musique (elle est altiste).
Pendant le pot qui a suivi, jai rencontré avec plaisir la plus jeune des quatre récompensées, Katell Berthelot, (encore une HEC !) spécialiste du judaïsme ancien, qui parle une douzaine de langues, et dirige une édition bilingue des manuscrits de la Mer Morte.
Et tout cela s'est terminé par un bon pot au feu avec Catherine, sa sœur, ses enfants, ses nièces, sa petite-fille, ses copines, dans un bistrot à côté du Panthéon.

15 octobre 2008

Princesse


Parmi les nouvelles intéressantes entendues au Salon de la Revue où j'ai passé le week-end dernier à tenir le stand de Formules: une très prochaine réédition de La Princesse Hoppy ou le Conte du Labrador de Jacques Roubaud, aux éditions Absalon, un livre illustré par Étienne Lécroart.

06 octobre 2008

Bailout

Le bourses chutent mais l'or monte.
Voilà pourquoi ceux qui ont acheté ce soir vont se faire des couilles en or.

04 octobre 2008

Rond-point (2)


Décidément, il y a des fusées à tous les ronds-points. Celle-ci c'est Ariane, ou du moins son modèle réduit. Il y avait foule sur les Champs-Élysées pour l'admirer, elle et plein d'autres objets volants que nous avons plus ou moins identifiés: l'ancêtre de l'hélicoptère, le premier avion à avoir exécuté un looping, un planeur, un Rafale, une maquette d'avion furtif, etc. Devant un imposant radar qui tournait sur lui-même et un drone dernier cri bourré de caméras prêt à bondir sur sa rampe de lancement d'au moins 15 tonnes, M. s'est écrié : «c'est bien beau mais comment font-ils pour trimballer tout ça dans les montagnes d'Afghanistan?»

Au feu

Entendu ce matin à Europe 1 un pompier volontaire répondre à l'intervieweur, qui lui demandait jusqu'à quand il allait faire ça : «tant que la flamme qui m'anime brûlera».

03 octobre 2008

Pleines formes

«En pleines formes», les Oulipiens, pour leur rentrée à la BNF hier soir. Paul Fournel donna en intro quelques nouvelles plutôt rassurantes de François Caradec dont il nous lut quelques parapèteries comme «rien n'est plus bath qu'une belle botte» ou «les Italiens ne chantent pas dans les Pouilles». Michelle Grangaud nous fit découvrir à l'oreille et à l'écran un pantoum homophonique intitulé «alors tôt graph» et quelques anagrammes, Jacques Jouet donna trois extraits de son dernier bouquin, MRM, écrit selon la forme inventée utilisée par Dante, la terza rima, et à paraître très prochainement chez P.O.L, ainsi qu'un Chant Royal, Marcel Bénabou évoqua dans une adaptation très drôle d'un chapitre de son épopée familiale les difficultés qu'il avait eues à construire ce roman selon le modèle du temple de Jérusalem à l'instar de Proust avec sa cathédrale, Paul Fournel nous fit part d'une nouvelle contrainte, l'étreinte, qui consiste à faire rimer le premier vers du poème avec le dernier, le second avec l'avant dernier etc., forme plagiée par anticipation et par un troubadour gênois, Bonifaci Calvo, qui la nomme retrogradatio. Puis il permit au public d'exercer sa sagacité avec quelque Chicagos ayant pour objet les villes européennes. Ian Monk nous lut successivement «la plainte de la maman», «le silence déprimé du père» et «l'engueulade de la patronne», trois poèmes en 6 strophes de 6 vers de 6 mots chacun. Hervé le Tellier se livra à un exercice de réécriture autoréférentielle de la phrase «il m'arrive de penser que je pourrais reprendre une phrase sans en être satisfait» avant de passer à des «légendes de dessins non accompagnées de dessins», telles que «amibe très divisée sur son avenir» ou «pervers sexuel en voie de guérison». Comme à son habitude, Olivier Salon nous fit rire avec un texte jouant sur l'ambiguïté du mot forme, qui signifie également embauchoir, pour en arriver à la conclusion évidente que «les formes élargissent les pieds des alexandrins». Enfin Frédéric Forte nous montra que ses sonnets plats ne paraissent pas si plats que ça quand il les lit.

La pizzeria habituelle ayant fermé, Malo nous en fit découvrir une autre où nous poursuivîmes la soirée dans la joie et la bonne humeur. Aux habitués s'étaient joints quelques anciens de Cerisy et de Pirou, très vite intégrés à la petite bande. Les pizzas se sont avérées nettement meilleures que chez le précédent loufiat, et l'Orvieto a coulé à flots.

01 octobre 2008

Rond point


Et voilà la photo du fameux rond-point de Chabeuil, dont la fusée lunaire devrait bientôt être obligée de décoller grâce aux bons soins de Moulinsart SA.

Une caillette géante serait moins décorative, reconnaissons le.

30 septembre 2008

Menhirs

Aux infos de France 2 il y a quelques jours : reportage sur une fête en Angleterre autour de «menhirs alignés en cercle» auxquels la population attribue des pouvoirs magiques. Une jeune femme hystérique étreignant l'un de ces mégalithes avec frénésie déclare d'un air mystique: «Cette pierre est douce, je sens qu'elle me fait du bien !»
Alors M. grommelant dans son coin : « attends qu'elle te tombe sur les pieds, tu verras si elle te fait du bien, connasse !».

29 septembre 2008

Châteaux


Il y a quelque temps, j'ai mis en ligne sur ma galerie Picasa mes photos du Colloque de Cerisy « Forme et informe dans la création moderne et contemporaine ». Mal m'en prit. On me demanda, par lettre, de fermer mon diaporama, ce que je fis. Les propriétaires du château entendent être les seuls à publier, sur quelque support que ce soit, les images de leur bien. Tant pis pour eux, me suis-je dit : je leur faisais de la pub, avec mes photos de gens heureux d'être ensemble dans un endroit charmant ; mes prises de vue me paraissaient même d'une qualité digne du lieu, en tout cas elles ne le dénaturaient pas. Mon album était fermé mais tous les participants avaient eu, je l'espère, le temps de le télécharger, et les propriétaires en question avaient perdu avec lui une bonne occasion d'attirer du monde.

Oui, mais depuis le temps, je me suis un peu renseignée.

Selon un arrêt de la Première chambre civile de la Cour de cassation du 2 mai 2001, il faudrait pour que je sois attaquée, que les propriétaires apportent la preuve d'un trouble certain porté à leur droit d'usage et de jouissance, et pour qu'il y ait trouble certain, il faudrait que je fasse un usage économique de mes photos, ce qui n'est évidemment pas le cas.
Ce n'est pas tout. Selon un arrêt de l'Assemblée plénière de la Cour de cassation du 7 mai 2004, le propriétaire d'une chose ne dispose pas d'un droit exclusif sur l'image de celle-ci et ne peut s'opposer à l'utilisation de l'image de son bien par un tiers que lorsqu'elle lui cause un trouble anormal.

Un trouble anormal, ce serait par exemple que des milliers de personnes, galvanisées par mes géniales photographies, se précipitent irrésistiblement en foule au château, le même jour, pour voir si elles sont ressemblantes et piétinent de ce fait les plates-bandes du parc, fassent avec leurs gros godillots des sillons dans le gravier, jettent aux canards de la mare des monceaux de croûtons de pain qui saliraient gravement les berges, marchent dans la bouse de vache ou le crottin de cheval et en enduisent les dalles de la salle à manger, ou piquent de surcroît (qui sait?) un ou deux des précieux volumes de la bibliothèque.

Bon, je crois que je vais rouvrir ma galerie.

***

Les plus fameux emmerdeurs concernant le droit à l'image, ce sont ceux qui font commerce de celles de Tintin et dont la société a pris le nom du château qu'Hergé a lui-même copié sur celui de Cheverny avant de lui donner le nom de Moulinsart. On ne compte plus les sites web qu'ils ont fait fermer. Leur dernier exploit concerne mon village natal, d'où je rentre aujourd'hui après une visite à ma famille. Chabeuil est un petit bled au pied du Vercors, traversé par un torrent, la Véore, qui est à sec l'été et peut déborder l'hiver, et qui n'a d'autre prétention, à part celle de s'être autoproclamé la patrie de la caillette, qu'une porte moyennageuse décorative lui permettant de vendre des cartes postales, et... l'honneur d'être le lieu de rendez-vous des tintinophiles du monde entier depuis plusieurs années, en tout cas depuis que trône, rouge et blanche au centre du rond-point qui permet l'accès au village, une réplique de la fusée lunaire d'Objectif Lune et d'On a marché sur la lune. C'est assez ridicule, mais ça ne mange pas de pain et donne l'occasion à la mairie d'organiser des festivités annuelles, comme celles qui viennent de se terminer hier avec expositions, défilés et confettis. Le thème étant cette année Tintin en Amérique, mon village natal s'était orné pour l'occasion de petits drapeaux stars and stripes. Des chevaux tirant des calèches ne rappelant que très vaguement les chariots des cow-boys le sillonnaient en lâchant leur crottin. On avait planté le long du torrent quelques tipis naïvement décorés, et tous les commerçants avaient tenu à participer à la fête en se déguisant. Il fallait voir la boulangère avec ses plumes !

Oui mais voilà : Chabeuil n'avait point demandé la permission à Moulinsart, qui attaque le village. La fusée lunaire sera bientôt enlevée du rond-point. Plus de rencontres tintinophiles. Défense de faire tipi dans la Véore ! Du haut des Gonthardes, la vierge en plâtre qui protège la partie catholique de Chabeuil, règnera seule désormais.

Ma maman, en bonne huguenote, suggérait de la remplacer par la fusée lunaire.

07 septembre 2008

Mur


Cela fait un moment que ce mur, que je vois de mon balcon, m'attirait photographiquement parlant, mais je n'avais jamais encore réussi à lui faire dire ce que je voulais qu'il dise.
Cette fois, je crois avoir approché du but.

06 septembre 2008

Introspection


















B. me signale dans un mail bref qu'il est en période d"introspection.
Pour moi, dans moins de trois semaines, c'est une nouvelle vie qui commence.
Je quitte l'entreprise dans laquelle je travaille depuis déjà quatre ans.
Je me surprends à compter les jours.

25 août 2008

Variables complexes

En lisant l'autre jour le carnet du Monde, à moins que ce ne fût (cet imparfait du subjonctif est encore destiné à A. C.) celui du Figaro, je tombai en arrêt devant l'annonce de la mort d'Henri Cartan, mathématicien que je m'imaginais disparu depuis au moins quinze ans.
— Incroyable, Henri Cartan est mort à 104 ans! dis-je à M., qui l'avait eu comme examinateur autrefois.
— Eh bien, me dit-il, ça conserve, les variables complexes !

Puis, passant d'Henri à Élie son père, grand mathématicien lui-même, M. me narra l'anecdote suivante qui, dit-il, circulait oralement dans leur petit cercle mais reçut, par Jacques Roubaud qui la raconte dans Mathématique à propos de la distraction des mathématiciens, «l'autorité de la chose écrite».

Laurent Schwartz, autre illustre mathématicien, s'était réfugié pendant l'occupation en zone libre, à Lyon, où il enseignait sous un faux nom. Un jour, dans les transports en commun, il fut reconnu par Élie Cartan, son ancien prof, qui lui cria d'un bout à l'autre du bus : «Schwartz! J'espère qu'on ne vous fait pas des ennuis parce que vous êtes juif! Ce serait tout de même scandaleux!» Par bonheur, aucun collabo ne se trouvait ce jour là dans le bus.

12 août 2008

Mauve

La nuit dernière j'ai encore rêvé un alexandrin, mais celui-ci sera difficile à caser dans un sonnet de bureau... J'intimais à une sorte de grosse musaraigne à poils mauves et aux yeux globuleux l'ordre solennel de descendre jusqu'à « l'intitulé profond des sources de la Terre ».

11 août 2008

Lessay


C'était le 18 juillet dernier, jour de battement entre le colloque de Cerisy et la semaine Pirouésie. Nous sommes allés revoir l'abbaye de Lessay, où nous avons surpris des baroqueux en pleine répétition. Nous avons donc pris des places pour le concert du soir. L'abbatiale était pleine (600 personnes) et l'éclairage dirigé sur les musiciens projetait sur les fûts des piliers l'ombre de la croix du chœur, de sorte que le Christ ressemblait à une danseuse hindoue (mon croquis). L'ensemble était le Café Zimmerman. Ils avaient entre autres mis au programme le deuxième brandebourgeois. Hélas, hélas, la trompette baroque est un instrument casse-gueule. Et les couacs dans l'allegro m'ont gâché le souvenir du reste.

08 août 2008

Souci

Les kiosques sont fermés, vides sont les bistros,
Clos sont les restaurants et déserte la place,
Muette est la cour d’école, abandonnée la classe,
Plus un tabac ouvert, rares sont les métros.

Pendant les mois d’été la rue est en travaux.
Voitures ou vélib, plus personne ne passe,
Seuls deux ou trois piétons marchent dans la caillasse.
Les magasins de fer ont baissé leurs rideaux.

Les patrons sont absents et je n’en suis pas triste,
Seul le DAF est ici (c’était un juillettiste).
Personne sur le dos, on va pouvoir buller,

Songe le salarié qui s’endort sur sa chaise
Regrettant toutefois ce souci qui lui pèse :
La machine à café n’a plus de gobelets.

EC

05 août 2008

La clim

Sombres devant l’écran, trois employés assis.
L’immeuble s’est vidé, ils sont tous à la plage.
Eux restent au bureau et étouffent de rage.
De rage seulement ? Non de chaleur aussi.

Et cette chaleur d’août ajoute à leur souci
À leur blues, à leur doute. Ils se savaient en cage
Et voilà qu’à présent ils se sentent en nage.
Soudain, n’y tenant plus, l’un d’eux lève un sourcil :

— Ça vous dérangerait si je mettais la clime ?
Les deux autres, jugeant ce débat légitime,
S’échangent des regards et répondent : d’accord.

Sur la télécommande on s’exécute alors,
Si bien qu’en un quart d’heure on se croirait au pôle,
Vu le coulis glacé qui vous transit l’épaule.

EC

01 août 2008

Différences


Les photos de Cerisy-la-Salle étaient en ligne, celles de Pirou le sont aussi. Ces deux villages du Cotentin, proches de quelques kilomètres, sont pourtant distants de cent lieues. Dans le premier, un château qui vit la naissance de l’Oulipo, où se tiennent aujourd’hui des colloques de grande tenue, rassemblant des universitaires et des auteurs de tous pays. Dans le second, un presbytère modeste aux toilettes rustiques et au plancher jonché de mouches mortes, accueillant «Pirouésie», un mini festival familial qui tient du patronage, du stage d’écriture et de la cure plage-forêt-bulots-cidre. Moi qui ai vécu les deux événements en enfilade, je peux dire que les uns et les autres ne savent pas ce qu’ils ont perdu en n’en suivant qu’un. À Cerisy, les concepts volaient haut malgré le froid et la pluie, les débats étaient vifs. On se réchauffait le soir à la cave au calva, des amitiés se sont nouées, des projets ont vu le jour. À Pirou, il a fait beau, on s’est baigné, on a bronzé, on a bien rigolé, on a retrouvé les copains et on en a rencontré d’autres de tous âges et horizons. Les G. O. (Jacques Jouet, Robert Rapilly, Coraline Soulier et Martin Granger) étaient super, mais les textes produits pendant la semaine paraissent avec le recul bien ineptes. Sans doute le thème imposé (Falstaff, ça parle à peu de gens) ne se prêtait-il pas bien à l’exercice, le rythme forcené imposé par la nécessité de produire un spectacle à la fin (pour les subventions sans doute ?) n’était-il pas propice à la création, et les promenades-découvertes en forêt, au moulin ou au château de Pirou avaient-elles un petit goût de réchauffé de l’année dernière. Qu’importe ? Nous en avons profité quand-même. Martin nous a fait chanter à 4 voix, ce qui ne m’était pas arrivé depuis un bail, et j’ai eu la joie de voir Raoul faire ses premiers pas sur l’herbe du presbytère.

Sur le chemin du retour vers Paris, accompagnés de ML, nous avons fait escale chez AC qui nous attendait avec champagne et gâteaux secs, et nous a fait l’honneur de son extraordinaire bibliothèque.

28 juillet 2008

Reprise

Colloque de Cerisy 2008

— Mais non, Blog O'Tobo, je n'étais pas en vacances, j'étais à un colloque sur la Forme et l'Informe dans la création moderne et contemporaine, c'est du sérieux, ça, du travail.
— Si c'est au colloque que j'ai bronzé comme ça ? Oh non que vas-tu imaginer là ! Il a plu presque tous les jours à Cerisy-la-Salle. Mais on s'en foutait car on était tout le temps à l'intérieur à écouter des communications. C'est la semaine suivante, à Pirou, que j'ai bronzé, pendant le stage d'écriture, à cause des monostiques paysagers de Jacques Jouet et des acrostiches dans l'eau de Coraline.
— Pourquoi je ne t'ai pas raconté tout ça ? Ma foi, à Cerisy j'étais un peu crevée pour retourner à l'ordinateur le soir. Mais comme preuve de ce que je raconte tu peux voir mes photos en cliquant sur celle-ci, ou bien lire le blog de Valérie ici. Elle en dit plus que je n'en ai retenu, il faut dire qu'elle a pris des notes, elle !
— Oui, Blog O'Tobo, je raconterai quelques trucs dans les jours qui viennent, mais laisse moi mettre un peu d'ordre dans mes carnets avant. Et faire la fête chez Danie ce soir ! En attendant je te conseille de regarder le blog d'Anne, qui raconte Pirou à sa manière.
À bientôt !

11 juillet 2008

Tam-tam

Ce matin sur Europe 1, J. P. Elkabach demande à Ingrid Betancourt si «le tam-tam qu'on a fait en France» n'a pas d'après elle contribué à sa libération.

Cette Ingrid, qué tambour !!!

09 juillet 2008

Migraine

Un coup de pelleteuse malencontreux, et paf, l'abonné Numéricable se trouve à la fois privé d'Internet, de téléphone, et de télévision pendant une journée entière. Que faire alors de sa soirée, sinon lire un roman?

Par chance, M. avait rapporté Migraine, de Louise de Vilmorin, de la bibliothèque. Un des rares romans d'elle que nous n'eussions pas lu. (Cet imparfait du subjonctif est spécialement placé à l'attention d'A. C., fidèle lecteur de ce blog).

Malgré le titre, déjà ambigu en lui-même puisqu’il est à la fois celui du roman, celui de la pièce de théâtre qu’il raconte, et le nom de scène de l’artiste dont il est question dans le roman comme dans la pièce, l’héroïne véritable de Migraine n’est pas ce personnage d’actrice adulée et amoureuse, somme toute banal, mais bien la narratrice, fausse naïve et vraie manipulatrice, elle-même influencée par un mystérieux amant, philosophe à qui elle adresse son récit et attribue toutes les remarques intellectuelles qui le parsèment, jusqu’au mot de la fin (comme le fera Queneau avec Hubert Lubert dans le vol d’Icare, presque dix ans après. Queneau est d'ailleurs cité dans Migraine, à propos d'Exercices de Style).

Un célibataire jouisseur et fortuné, Sandro, s’éprend d’une actrice, Migraine, pendant une représentation de la pièce qui porte son nom. La narratrice, qui est à ses côtés, est témoin de ce coup de foudre et de sa coïncidence avec la jalousie qui s’empare de Sandro lorsqu’il voit Migraine embrasser sur scène un des acteurs, Vauvain. Elle lui reproche alors de confondre le théâtre et la vie.

— Vous ne comprenez pas que s’il n’y avait plus de Vauvain, il n’y aurait plus de pièce ?
Nous sommes au théâtre… et le théâtre ce n’est pas la vie.
— Moi, voyez-vous, je ne fais pas la différence
Mais est-ce Sandro qui mélange le théâtre et la vie, ou la rouerie de la narratrice qui se plaît à reproduire, dans le récit des aventures de ses proches, les péripéties de la pièce à laquelle ils ont assisté ?

Bien vite en effet, deux autres personnages, amis ou parents de la narratrice, se trouvent à leur tour sous l’emprise de Migraine : Gustave, un veuf qu’elle a repoussé, et son frère René, fiancé à la fille de Gustave, Milie, qu’il souhaite rendre jalouse.

Comme par hasard, dans la pièce, le veuf Tautard en pince pour Migraine qui lui préfère Vauvain. Il est le père de Lolle, promise au jeune Le Thaine qui tourne lui aussi autour de Migraine pour faire enrager sa fiancée.

Ce qui confirme ces soupçons de rouerie, c’est que la narratrice, non contente de provoquer elle même la jeune Milie pour qu’elle pousse son fiancé dans les bras de sa rivale, finit par avouer ses affinités avec Migraine : comme elle, elle n’a pas su dire franchement non à son vieux soupirant Gustave, et l’a entretenu dans son illusion, par lâcheté. Dans la bouche du philosophe à qui elle adresse son récit, elle met d'ailleurs cette accusation qui montre bien quelle culpabilité pèse sur sa conscience :

Quand tu veux te voir, tu ne te regardes pas dans un miroir , mais tu te mets devant le portrait que tu viens de peindre de toi-même avec tes pinceaux d’excuses !

Car il s’agit bien d’un jeu de miroirs propre à donner la migraine. La virtuosité formelle de Louise de Vilmorin fait que pour un lecteur superficiel (ou victime de préjugés... ceci à l'attention de H. L. et de P. D. lecteurs occasionnels de ce blog), le roman pourrait passer pour une simple peinture de mœurs très années 50, une histoire d’amour qui tourne mal. Mais…

En lisant ce genre de récit, on est sans cesse sous l’impression que c’est le récit qui vous regarde

fait-elle dire à son philosophe décidément toujours absent et dont l’existence elle-même devient de plus en plus douteuse. La narratrice ne l’aurait-elle pas, lui aussi, inventé ? Ce philosophe, qui (se) réfléchit dans le cerveau de Louise de Vilmorin, ne serait-il pas le véritable auteur de cette intrigue si parfaitement construite ?

Quand je pense que sans ce pétage de câble, je n'aurais pas lu Migraine, j'en ai mal à la tête.

03 juillet 2008

Google opera


Moquette anthracite, ballons de couleur, cafétéria, fauteuils translucides, salon ovale, boissons réfrigérées, et puis cette vue, surtout... Jamais je n'avais eu l'occasion d'admirer le Palais Garnier sous cet angle. Quelle est donc cette entreprise dont les employés ont la chance de travailler dans un tel cadre ?
Google France, voyons !

29 juin 2008

Popolôrepô


Paul Poiret, imbécile célèbre pour avoir «libéré la femme» en créant des robes qui rendaient le corset inutile, ne limitait pas son talent de styliste à la seule couture : la preuve, cette trentaine de merveilleux exercices calligraphico typographiques construits sur des virelangues comme celui-ci: «amir/amar/lamer/mar/iami/amar
/inéin/omar»
(à Miramar, la mère Marie a mis à mariner un homard),
qui forment pour le lecteur autant de rébus ravissants, dans le style art déco.
Les aquarelles de Pierre Fau (l'autre imbécile) qui les accompagnent s'attachent, elles, à illustrer le sens de ces phrases insensées, comme pour donner un indice au lecteur, tout en en accentuant le côté absurde.
Le livre reprend la couverture initiale de l'édition de 1927 (Joncquières) tirée à seulement 300 exemplaires, qui était devenue un livre culte.
Popolôrepô, morceaux choisis par un imbécile et illustrés par un autre,
Michel Chandeigne éditions, octobre 2007, 64 pages, 16,15€. Ne vous en privez pas !

26 juin 2008

Procrastination
















Je me rends compte avec horreur que je n'ai rien posté depuis le 2 juin.
Un coucher de soleil pour me faire pardonner, et cette petite histoire vraie.
Je déjeunais vers midi 30 aujourd'hui avec B. qui me confiait qu'elle avait besoin de vacances : doutes, fatigue, manque de motivation, je connais bien ça.
— Tu fais de la procrastination, lui dis-je.
— De la quoi ?
Je le lui explique.
— Mais c'est exactement ça dont je souffre, me répond-elle. D'ailleurs, j'ai acheté un bouquin sur la question. Mais je suis tellement fatiguée que j'en ai remis la lecture à plus tard.

02 juin 2008

Dilettante


À quoi pensent les éditeurs ? Publier un « inédit » de jeunesse de Queneau, sans aucun appareil de notes, avec une préface indigente, alors que ce petit texte inachevé, intitulé Hazard et Fissile, contient déjà en germe une grande partie de l’œuvre future, à tel point qu’on pourrait croire à un pastiche ou à un plagiat par anticipation ! Il n’est d’ailleurs que de comparer les noms des personnages : Excelsior Mû ne fait-il pas penser à Valentin Brû ? Éléazard Hazard ou Florentin Rentin, ces noms qui riment, comme nomen omen, ne rappellent-ils pas Hubert Lubert, l’auteur véritable du Vol d’Icare ?

À propos du Vol d’Icare, Hazard et Fissile est lui aussi truffé de métalepses, ces « transgressions ludiques » au récit narratif que sont le clin d’œil au lecteur, l’intrusion de l’auteur dans le récit, etc. Voici un exemple hellénisant d’adresse au lecteur, page 56 : «Qu’attends-tu maintenant, lecteur à l’haleine tourmentée par les récits que tu viens de lire ? […] lecteur intelligent comme le verre filé,»… Page 69, après une hécatombe de personnages, l’auteur intervient : «Il faut remarquer qu’à ce moment, il ne reste que fort peu de personnages en scène et je suis obligé pour me désennuyer un peu de jeter dans la bagarre quelque autre bipède au teint blême.».

Page 47, le chapitre 11 détaille, sous forme de liste, les goûts et les compétences de Minoff, Fissile et Jim, lequel «parlait couramment le tabele, la tagalog, le tahitien, le vaita, le talaing, le tamil, le tangale, le tanna, le taungthu, le tavara, le taveta», de même que page 63, le chapitre 16 est presque entièrement constitué par l‘inventaire des poches d’Adrien et de Hazard. Des listes, il y en a des tonnes dans les œuvres de Queneau, depuis Le Chiendent au chapitre 4 duquel, Narcense lit les notules du Petit Écho de X… jusqu’aux Fleurs Bleues qui voit le « bon peuple » réciter des proverbes inventés, en passant par Les Derniers Jours où le chapitre 5 commence par la liste quotidienne des dépenses de Vincent Tuquedenne.

La fascination de Queneau pour le monde de la fête foraine se retrouve page 72, où les personnages se trouvent boulevard de Clichy : c’est la foire avec sa bizarre ménagerie, et pour le lecteur de Pierrot mon ami, elle évoque irrésistiblement L’Uni-Park.

Au fil de la lecture rapide de ce projet de roman inspiré de Fantomas, on s’amusera ainsi à relever toutes ces évocations, à apprécier les inventions stylistiques comme « mettre à nuit » pour mettre au jour pendant la nuit, les surprises comme «l’ayant écrasée entre le médius et l’annulaire» ou à noter les nombreux alexandrins qui parsèment le récit, comme «Hazard allait en tête et Fissile suivait», «Il salua Mitaine et s’en fut déjeuner», «N’avait-il pas coupé la gorge de son père », ou le plus beau à mon avis : «le nain jaune était vert comme un marais salant».

Raymond Queneau, Hazard et Fissile, le Dilettante, 92 pages, 12 €.

27 mai 2008

Formules 12


Le numéro 12 de Formules est paru.
Il est consacré au sonnet contemporain, avec, entre autres, les actes du colloque «Retours au sonnet» qui s'est déroulé à Poitiers l'été dernier.
On trouvera ici le sommaire complet du numéro, et ici les éditoriaux.
Parmi les poètes invités, Jacques Roubaud et Dominique Buisset donnent une magnifique «quatorzine luberonne», dont on pourra télécharger, en PDF sur cette page, le «making of» sous forme d'échanges de courriels savoureux entre les deux auteurs.
L'illustration de la couverture est le «pictogram sonnet» d'Eduardo Kac.

En vente dans les (très) bonnes librairies ou sur demande à revue.formules[at]wanadoo.fr. (Remplacer le [at] par l'arobase, c'est pour éviter l'aspiration automatique d'adresse par les spameurs)

23 mai 2008

Homonymes


Chef de l'État présumé, chef présumé de l'État, mais que fichait-il à Bordeaux ? (Vu sur leportail d'IFrance: http://web.ifrance.com/actu/monde/202571)

16 mai 2008

Christophe Bruno


















Vous connaissez peut-être déjà Christophe Bruno, spécialiste du Google art, inventeur du capitalisme sémantique et du Human browser, que j'avais eu le plaisir d'interviewer pour Formules.
(l'article en PDF est ici).
Eh bien, à l'occasion des toutes récentes Rencontres internationales Paris-Berlin-Madrid pour l'art contemporain et le nouveau cinéma, voilà que Christophe Bruno a récidivé avec un nouveau projet, intitulé The Dadameter, et précisé «Global Index of the Decay of the Aura of Language». Un travail oulipien, à partir de Roussel, de Google et de la théorie des graphes, que je trouve vraiment passionnant.
En trois étapes: 1) extraction de la masse des données textuelles de Google, 2) analyse en termes d'homophonies (type billard/pillard) et de sémantique, 3) visualisation et interprétation des données, Christophe Bruno dresse la carte du langage, sur laquelle on voit entre autres les puissants courants du Spam pousser les mots du Wasteland créatif au banal Mainstream.
À regarder et lire (en anglais) de toute urgence.
EC

15 mai 2008

Prédateurs

À quoi pensent les journalistes des Échos ?
Élire un Directeur de la Rédaction qui s'appelle Gibier, quand on a comme propriétaire le pire carnassier du pays, vraiment !

11 mai 2008

Vanitas

Ça a servi à quoi de lire Roland Barthes,
D’attendre le messie, de prendre des amants,
De gagner du pognon, d’avaler des calmants,
De bosser nuit et jour, de brandir des pancartes ?

C’était la vie d’château mais le château de cartes
S’écroule une ou deux fois puis s’aplatit vraiment.
Ce coup-ci c’est la fin, on pleure, on crie maman,
Les derniers mots qu’on dit sembleront plutôt tartes

À la postérité, fort maigre au demeurant,
Qui reçoit le cadeau qu’on lui fait en mourant
Avec l’avidité d’une prostituée,

Et qui répond pour nous : tout ça ne sert à rien.
Alors vaut-il pas mieux qu’on soye épicurien ?
Car tout se barre en couille et s’envole en buée.

EC

04 mai 2008

Benny Lévy

À l’heure où passe sur Arte un docu d’Isy Morgensztern sur Benny Lévy, et où l’on ne compte plus les bouquins sur 68 et la suite, pourquoi n’y irais-je pas moi aussi de mes petits souvenirs ?

  • Mon meilleur souvenir de Benny Lévy : quand il m’a appris la recette du café turc.
  • Le pire : j’en ai beaucoup de pires.
  • Le plus intéressant : Le jour où il avoua ne rien entendre — et n’avoir jamais rien entendu — à la musique, révélation consécutive à la lecture d’un passage talmudique qu’on travaillait en groupe: « “ David était musicien ”. Cela veut dire qu’il savait poser des questions ». Cette infirmité explique à mon avis pas mal de ses outrances.

03 mai 2008

Éléphant


Ce matin, en descendant à pied la rue de Clichy, je me suis trouvée nez à trompe avec un éléphant d'Afrique qui sortait d'un parking. Ses grandes oreilles frémissaient dans la brise légère et les gens qui discutaient à quelques pas de lui n'avaient pas l'air de s'en faire. Pour tout dire, ils ne le regardaient même pas. Il m'a bien fallu une seconde pour réaliser qu'il s'agissait d'un élément de décor du Casino de Paris tout proche.