23 octobre 2015

L'écologie rase les collines


À propos de l’accident terrible qui vient de coûter la vie à quarante-deux trois (1) personnes au nord de Saint-Émilion, Noël Mamère s’insurge et accuse « les choix politiques qui sont faits en matière d’infrastructures ».
Il se trouve que l'hélicoptère de BFM TV survole alors les lieux de l'accident, montrant une petite éminence boisée, que la route traverse moyennant deux ou trois lacets, comme ce qui se fait partout en ce cas-là.

Alors M. : « Entièrement d’accord avec Noël Mamère ! Il aurait suffi de raser cette colline en employant pour cela des énergies alternatives, par exemple des éoliennes. »

(1). On a découvert depuis le corps d'un enfant dans la cabine du camion.

28 septembre 2015

Zina (lecture de tombe)

La tombe de Zina
C'est une tombe ordinaire parmi les tombes du cimetière russe de Sainte Geneviève des bois, à cela près qu'est plaquée, sur la croix barrée à la base, si caractéristique des sépultures orthodoxes, une croix latine on ne peut plus familière aux catholiques romains.
C'est que l'habitante de ces lieux, Zinaïda Evguenievna Serebriakova, ce qui s'écrit en russe Зинаи́да Евге́ньевна Серебряко́ва, était née Lanceray, un nom de famille d'origine française, et qu'elle était de plus apparentée aux Benois, en russe Бенуа, une famille d'origine également française.
Son oncle (en russe дядя, prononcer diadia), Alexandre Benois, fils et frère d'architectes, était un peintre aquarelliste et décorateur de théâtre connu. C'est même lui qui réalisa le décor initial du fameux ballet d'Igor Stravinsky, Petrouchka. L'acteur anglais Peter Ustinov était son petit fils.

Le décor de Petrouchka,
par Alexandre Benois
Inutile de préciser que la mère de Zinaïda dessinait à merveille, et que ses deux frères, également doués, furent l'un peintre et sculpteur, l'autre architecte. Quelle famille ! C'est donc tout naturellement qu'elle entre vers 1900 à l'école d'art fondée par la princesse Maria Tenicheva pour y suivre les cours du peintre Ilia Répine (Ілля Юхимович Рєпін en ukrainien, en russe Илья́ Ефи́мович Ре́пин), un portraitiste intéressant. Elle part à Paris au début du siècle pour intégrer l'académie de la Grande Chaumière ou enseigna Antoine Bourdelle (entre autres célébrités).

Mais, revenue dans sa maison ukrainienne où elle vit avec son époux et cousin, ingénieur des chemins de fer, la voilà soudain frappée par le malheur: la révolution d'octobre éclate, son mari est emprisonné, contracte le typhus (la « fièvre des prisons »), et en meurt. La voilà ruinée, ses biens confisqués, seule avec quatre gosses et sa mère à charge. Après avoir fait la copiste au musée de Karkhov pour gagner quelques sous, elle part à Petrograd (l'ancien Saint Petersbourg) où elle fréquente d'autres peintres, mais poussée par la misère, elle finit par émigrer en 1924 vers Paris où elle a des commandes. Mais elle est séparée de ses enfants.

À la plage, par Zénaïde Serebriakoff
Naturalisée française en 1947, ce n'est qu'en 1960 qu'elle connaît enfin la reconnaissance de son art en Russie. Auteur de nombreux autoportraits, de nus féminins, elle a été comparée à Marie Laurencin, mais je trouve sa peinture nettement meilleure.
Ses autoportraits montrent une jeune femme à l'air ouvert, sympathique et même malicieux. Ce n'est pas une beauté, mais elle a du charme et du chien, avec son nez un peu long qu'elle représente sans complaisance dans l'autoportrait au miroir ou l'autoportrait à l'écharpe.
Autoportrait au miroir

Autoportrait à l'écharpe

Certains de ses nus féminins ont été inspirés par un voyage au Maroc, notamment à Marrakech, où elle se rendit bien qu'apatride — car les Soviétiques avaient retiré la nationalité russe aux émigrés — grâce à la protection d'un « passeport Nansen » et à l'invitation d'un mécène belge, Jean de Brouwer, qui fut aussi le bienfaiteur de Nicolas de Staël. Voici quelques uns de ses portraits féminins.







Un autre nom figure sur la tombe de « Zina » (diminutif de Zénaïde) : celui de son fils, Alexandre Serebriakoff, qui fut également peintre, comme sa sœur Catherine. Celle-ci est décédée récemment, le 22/08/2014, à l'âge de 101 ans ! Tous les deux étaient spécialisés dans le portrait d'intérieur. La tradition familiale se perpétuait, puisque l'autre sœur,Tatiana, fut elle aussi décoratrice, au théâtre d'art de Moscou.

E.C.
(cliquer sur les photos permet de les agrandir)

20 août 2015

Baisse d'impôt

Devant les caméras de télé, Hollande promet une baisse des impôts « quoi qu’il arrive », mais poursuit en disant : « seule son ampleur dépendra de celle de la croissance ».
Le commentaire de M. ne tarde pas : 
— ça veut dire que si la croissance est négative, la baisse d’impôt sera aussi négative.

05 juin 2015

Rue Caulaincourt


Rue Caulaincourt j'ai vu passer le petit train
Où l'œil plein de sanie et la bouche de tartre
Le touriste avachi écoute, l'air bovin,
Le « circuit commenté de la butte Montmartre ».

EC.

10 mars 2015

Félix Bovie, l'Agathopède (lecture de tombe)

C’est vraiment la première sur laquelle on… tombe, à gauche en entrant dans le cimetière d’Ixelles. Elle attire comme un aimant à cause de ses bas reliefs montrant que l’homme qui est enterré là était un artiste complet : outre la lyre du poète et le livre du littérateur on croit en effet distinguer non les pinceaux du peintre mais la gouge du graveur. Pas de croix ni de signes religieux, mais les symboles de la franc-maçonnerie : l’équerre, le compas, le fil à plomb et l’œil au centre d’un triangle. Un personnage certainement célèbre vu l’importance de la sépulture et sa situation privilégiée. Alors, qui était Félix Bovie ?

La sépulture de Félix Bovie
(cliquer pour agrandir)

Un bas relief de la tombe
de Félix Bovie

Symboles maçonniques
sur la tombe de Félix Bovie
Né à Bruxelles le 17 septembre 1812, Félix Bovie fut en effet un peintre et un graveur relati-vement connu à son époque.  Un peintre tout ce qu'il y a de plus académique, élève de maîtres réputés (Cornelis Koekkoek et Eugène Verboeckhoven), qui courait les salons, voyait ses gravures reproduites dans les meilleures revues de Gand ou d'Anvers, et puisait son inspiration dans les paysages campagnards et les couchers de soleil, qui illuminent sa palette de tons dorés.

Pour peu qu'une ruine se dresse sur une colline en contre-jour et que quelques nuages s'y accrochent, le voilà comblé, et nous aussi, qui reconnaissons là tous les codes de la peinture romantique. Ce n'est pas laid, c'est même beau, c'est habilement fait, c'est très bien composé...

Félix Bovie, Paysage hennuyer
Ce n'est certes pas d'une folle originalité, mais honnêtement, je suspendrais bien ces deux-là aux murs de mon appartement, rien que pour l'atmosphère.

Félix Bovie, Paysage animé avec cascade

Ce monsieur aurait pu continuer ainsi à graver et à peindre jusqu'à sa mort en 1880, pépère, respectable et bedonnant, mais pas du tout ! Le voilà qui abandonne tout soudain la peinture en 1860 dans la force de l'âge — il a 48 ans — pour se consacrer à l'écriture et à la chanson !

Félix Bovie, portrait-charge par Félicien Rops

Pour expliquer ce revirement, qui pourrait au premier abord apparaître comme un curieux cas de dédoublement de la personnalité, il nous faut ici faire un petit détour du côté de la Société Pantechnique et Palingénésique des Agathopèdes, en abrégé Société des Agathopèdes, à laquelle appartenait notre ami. Tout helléniste traduit immédiatement agathopèdes par « les bons enfants » ou éventuellement par quelque chose comme « hommes de bonne éducation », ce qui n'empêchait pas cette joyeuse confrérie d'érudits de se placer sous le signe du cochon : présidée par un Grand pourceau royal, une tête de cochon figurant sur son blason, elle se réunissait pour de mémorables agapes appelées glandées. Alexandre Dumas, dont on sait qu'il avait un bon coup de fourchette, fut d'ailleurs admis chez les Agathopèdes en 1852, alors qu'il était réfugié à Bruxelles pour échapper à la prison pour dettes. Charles de Coster, l'auteur de La Légende et les Aventures héroïques, joyeuses et glorieuses d'Ulenspiegel et de Lamme Goedzak au pays de Flandres et ailleurs en était aussi membre. Il écrira d'ailleurs la préface d'un recueil de chansons de Bovie. Sa tombe se trouve aussi dans le cimetière d'Ixelles.

Comme les pataphysiciens, les Agathopèdes avaient leur calendrier spécifique, dont les mois portaient des noms plus ou moins en relation avec le cochon (boudinal, jambonose, truffose..) ou en rapport avec la gastronomie en général (canardinal, petitpoisidor, cerisidor...) Le peintre Félicien Rops, dont le moins qu'on puisse dire est qu'il officiait dans un genre fort différent de celui de Félix Bovie, faisait également partie de la société. Sur le portrait-charge qu'il a réalisé de son ami dans la revue Uylenspiegel, (illustration ci-dessus, cliquer pour agrandir) on peut lire en haut à gauche, sous un petit dessin de cochon, les mots Éloge du Cochon : c'est le titre d'une chanson écrite par Félix Bovie, certainement chantée lors des banquets agathopédiques. La voici in extenso :
Ab Jove principium
(classiques latins)
Asinus asinum frégate [sic]
(les Métamorphoses d’Ovide)

Air d’Aristide, ou de la Bonne vieille (Béranger)

Monsieur Buffon (que le Seigneur confonde !)
Osa nous dire, à l’article Cochon,
Que notre frère est une bête immonde,
Et qu’à la rose, il préfère l’étron.
Le malotru qui lança cette injure
Se doutait-il quand il la débita,
Que tous les goûts sont dans notre nature,
Et le meilleur est celui que l’on a (bis).

Vous me direz : il est couvert de crasse
Il pue au loin, son groin nous fait horreur.
Oui, j’en conviens, on n’aime pas sa face ;
Mais le visage est parfois bien trompeur !
Si le fumier est son seul patrimoine,
S’il est couvert d’un limon dégoûtant,
Le cœur est bon : — l’habit fait-il le moine ?
Riches brocarts couvrent plus d’un croquant.
On l’accusa d’avoir des goûts lubriques,
Dont le récit fait dresser les cheveux ;
De dédaigner les amours platoniques,
Et de boucher des trous incestueux,
Je ne veux pas en faire une rosière,
Un concurrent pour le prix Monthyon !
Mais qui de vous peut lui jeter la pierre
Et lui donner sa malédiction ?
Vieux débauchés, dont la force expirante
Ne répond plus à vos constants efforts,
Vous lui devez la truffe succulente
Qui vient donner du nerf à vos ressorts.
Et vous traitez de goinfre et de vorace
Le doux ami, rognant sur sa portion ;
Vous l’abaissez, et ce faible bonasse
Rêve toujours à votre érection.

Puis ce Cochon, qu’ici bas on décrie,
Sait-il ramper comme un vil courtisan ?
Renia-t-il ses amis, sa patrie,
Pour obtenir un pouce de ruban ?
Sots potentats, idoles qu’on encense,
Se gorge-t-il de vos mets savoureux ?
Fier plébéien, il fuit la dépendance,
Et peut braver vos regards dédaigneux.

Un philanthrope exploitant la misère,
Un séducteur trompant un faible enfant,
Un vil cafard qui souille un presbytère,
Sont plus cochons que ce pauvre innocent.
Mais pour couvrir leur sale turpitude,
Son nom servit de manteau, de plastron ;
Et depuis lors ils ont, par habitude,
Crié : — Haro ! haro ! sur le Cochon.
Voilà qui nous entraîne bien loin des couchers de soleil romantiques sur les châteaux en ruine du Hainaut ! Il paraît donc plus opportun, en conclusion, de choisir pour illustrer cette chanson, le célèbre tableau de Félicien Rops dit La Dame au cochon - Pornokrates



E.C. mars 2015

24 janvier 2015

Realpolitik

Horrible Arabie Saoudite
Où règne la foi wahhabite
Une sombre secte sunnite
Qui vous fouette et vous décapite !
                              
Horrible Arabie Saoudite
Où la femme de la conduite
Est complètement interdite
Et subit la loi de la bite !

Horrible Arabie Saoudite
Qui grâce au fric est prosélyte
Faisant beaucoup d’antisémites
Qui des pétrodollars profitent !

Horrible Arabie Saoudite…
Nos chefs d’états, beaux hypocrites
Auprès du nouveau roi s’invitent…
Ah qu’elle est belle notre élite !

Horrible Arabie Saoudite…
La realpolitik irrite,
Mais c’est pire si on l’évite.
Allons donc lui rendre visite.

21 janvier 2015

Philippines

Le Dr Ogino, père de la méthode

En revenant des Philippines
Le pape a contre les lapines
Lancé une phrase mesquine
(Même pas en langue latine)
Qui ne me semble pas très fine
Et un tantinet misogyne
Mais témoigne d’une doctrine
En ayant l’air d’être anodine.
D’aucuns, que ce François fascine,
Dont l’espoir enfle la poitrine,
Ont cru la phrase sous-marine :
Est-ce Ogino qu’on assassine ?
Las ! Le pape je ne débine
Mais reconnaissez, ma cousine
Qu’ils ont tout faux, les magazines.
Si Pierrot aime Colombine
Il vaut mieux qu’elle se débine
Pour éviter d’être en machine
À pondre changée, la frangine,
Car Pierrot au bout de sa pine
Ne peut mettre de pèlerine
Et la pilule le chagrine.

EC

13 novembre 2014

Il a tout du félin, fait l'autre

Photo prise par une passante à Montévrain, près de Paris, sur laquelle on distingue un tigre en liberté, le 13 novembre 2014
Le supposé tigre
pris en photo par une automobiliste
Sur une chaîne d’infos pendant notre repas, il est question d’un tigre se baladant en liberté en Seine et Marne.
— « Un tigre !! » dis-je à M. qui ne regardait pas, « ils ont vu un tigre en Seine et Marne et en liberté !!! »
— « Pff… » soupire M. en haussant les épaules. « Le réchauffement climatique… »

24 octobre 2014

Le Cornet et les femmes



Cette présentation a été faite lors du XVIIIe colloque des Invalides, le 24 octobre 2014,
au Centre culturel canadien, rue de Constantine à Paris.


La seconde partie du XIXe siècle voit le début du travail féminin : les figures de la dactylo, de l’infirmière, de l’institutrice, de la demoiselle de magasin ou de celle des postes apparaissent peu à peu à côté de celle de l’ouvrière.



En 1906, les femmes forment déjà 38 % de la population active. Marie Curie enseigne à la Sorbonne. La guerre de 14 ne fera ensuite qu’amplifier le phénomène. L’identité masculine bourgeoise, bousculée, trouve alors un refuge dans l’amitié virile… c’est du moins ainsi qu’on pourrait interpréter la création du Cornet.

Fondé par les Montmartrois Georges Courteline, Paul Delmet, Bertrand Millanvoye et Albert Michaut en 1896, le Cornet est l’une des 500 goguettes (sociétés artistiques et littéraires) de la capitale, où fleurit cette vogue. Mais c’est une goguette de notables. Contrairement à la plupart des goguettes modestes, les femmes n’y sont en effet pas admises, sinon comme invitées si elles sont chanteuses, comédiennes, ou… strip-teaseuses. 



On chante et on boit au Cornet, comme dans toutes les goguettes. On y tire une loterie de charité, on déclame, on se soutient moralement. On mange, entre amis poètes, auteurs dramatiques, musiciens, médecins, chansonniers, commissaires de police, graphistes. 

Menu de M. Neumont pour le Cornet

On tire les dés pour désigner le prochain président du dîner mensuel. Et surtout, l’on cause de femmes et l’on dessine des femmes. 


Les nombreux peintres, illustrateurs ou caricaturistes qui font partie du Cornet rivalisent d’imagination pour réaliser les menus qui ont fait la réputation de la goguette. Les femmes y figurent, plus ou moins nues et dans des positions scabreuses.


Parmi les plus talentueux des auteurs de ces fameux menus, figurent Maurice Neumont qui en a réalisé cinquante-six, et Jules Grün dont voici un menu,


et un autre :

Enfin seule ! mon mari est au Cornet.

Après la guerre de 14, les cornettistes finiront par admettre dans leurs statuts la présence des dames… une fois tous les trois mois ! Mais ils continueront, imperturbables, à perpétuer l’ordre établi qui range d’un côté les respectables et de l’autre les respectueuses.

Aux premières, on adresse les madrigaux les plus mièvres, les plus sucrés et les plus fleuris, comme ceux d’Antoine Paul Taravel (alias Xavier Privas),

« Les fleurs, ô mon amie, ont de petites âmes
Faites d'un idéal parfum de volupté
Qui vivent en triomphe et meurent en beauté
Sur les seins en émoi des blondes jeunes femmes »
tandis qu’on fête les secondes par des illustrations lestes, des chansons grivoises ou des célébrations débridées.




« Extasiés, tous les membres du Cornet étaient tendus vers cette vision de rêve,
et les yeux sortaient de l'orbite. »


Cependant, parmi les cornettistes, les policiers et les médecins sont, par leur profession, plus au fait des réalités quotidiennes des femmes, même s’ils se montrent parfois d’une naïveté désarmante. C’est le cas du bon docteur Laborde, qui donnera son nom à une célèbre tétine, du docteur Pierre Robin, stomatologue et promoteur de la tétée orthostatique, 



du docteur Étienne Albert-Weil, auteur du courant continu en gynécologie, qui « soignait les vierges folles à Saint-Lazare » avant d’inventer une méthode de traitement de l’hypertrichose entraînant la « disparition des femmes à barbes »,


et du docteur Foveau de Courmelles, illustre électrothérapeute, inventeur du curetage électrique, immortel auteur de La vaginite et son traitement

 


Zoomons sur ce dernier : inquiet du sort des demoiselles de magasin dont il constate hélas, en tant que gynécologue, les affections vaginales diverses, il les attribue non à leur inconduite mais à leur profession :


en effet écrit-il, la station verticale prolongée entraîne chez elles « la pesanteur des organes », laquelle provoque la « béance de la cavité vaginale », « qui s’entrouvre et laisse passer l’air, avec ses poussières et ses germes. » Le traitement est évident : c’est « la suppression de l’inutile labeur féminin. »


Mais c’est à Charles Péchard, commissaire de police comme Albert Michaut, que les femmes doivent le plus. 




En effet l’auteur des Scélératesses licites, traité de friponnerie à l'usage des honnêtes gens, des Zigzags de l’amour et des Jeux de l’amour et de la police, publie à leur intention une méthode de jiu-jitsu illustrée, dans un but de self defense.
Elle démontre, au moyen de plusieurs photographies éloquentes, que le corset, la robe longue et les fanfreluches n’empêchent ni la détermination ni les coups de genou dans les joyeuses.




On comprend, dans ces conditions, qu’il ait fallu interdire le Cornet aux dames.



06 juin 2014

Débarquez-le !

M. a écouté la radio pendant que j’étais chez le coiffeur et me raconte. Le journaliste explique la présence de Poutine aux fêtes de commémoration du Débarquement : certes il n’était pas là mais son pays a joué un grand rôle dans toute cette histoire. 
Puis on passe à Merkel. 
«Il aurait pu dire la même chose», me dit M. «Elle n’était pas là, mais son pays a joué un grand rôle dans toute cette histoire.»

21 mai 2014

L'Hôtel particulier de monsieur Calvet

La tombe de Claude-Alexandre Calvet
Le marbre blanc, fraîchement nettoyé, réfléchissait la lumière de cette belle journée de mai, c'est la raison pour laquelle j'ai dû photographier cette croix, certes ouvragée, mais d'un intérêt limité, une croix que je n'aurais jamais remarquée un jour de pluie comme aujourd'hui où elle se serait fondue dans la grisaille. Par acquit de conscience, avant de la mettre à la poubelle en triant mes photos de cimetières, j'ai gouguélisé le nom de Claude-Alexandre Calvet qui s'y trouve gravé entre deux autres, et c'est là que j'ai senti le virus des lecteurs de tombes se réactiver.
Claude-Alexandre-Marie Calvet, né le 25 septembre 1835 à Avignon, était un entrepreneur, un industriel spécialisé dans les fournitures réglementaires pour l'armée : sans doute pantalon garance, capotes bleu horizon, casques, sacs, chaussures, peut-être bidons et gamelles. Ce n'était vraisemblablement pas un marchand de canons, car il était président de la Chambre syndicale des fabricants d'équipements militaires, qui ne comprend apparemment pas les armes. 
Avait-il quelque lien de parenté avec Esprit Calvet, le médecin fondateur du musée Calvet à Avignon ? Cela se pourrait, car il était, comme cet illustre médecin, un collectionneur passionné. À cette différence près que lui collectionnait... les porcelaines et les faïences !
La Grande Guerre, si elle ne fit pas les affaires de tout le monde, vint à point pour faire les siennes et l'aider à satisfaire cette innocente passion, pour laquelle il était connu dans le milieu des amateurs. Il était par ailleurs membre de la Société historique du VIe arrondissement de Paris, fondée en 1898.

L'hôtel de Chambon, aujourd'hui à vendre
Ce ne sont pas les faïences et les porcelaines qui m'ont fait retenir l'histoire de Claude-Alexandre Calvet parmi mes lectures de tombes, mais une autre acquisition, immobilière celle-là : est-ce avec l'argent gagné à habiller les poilus que notre industriel put racheter à l'imprimeur Jean-Baptiste-Victor Le Normant le bel Hôtel de Chambon, 95 rue du Cherche-Midi, qu'il habitait à Paris ? Construit en 1805 ou en 1820 par Davia pour le baron d'empire Chambon, cet hôtel particulier de style napoléonien a récemment défrayé la chronique, son propriétaire actuel étant un «collectionneur» d'un autre genre ! 


Gérard Depardieu
Gérard Depardieu collectionne en effet les récompenses cinématographiques, les condamnations pour conduite en état d'ivresse, les bonnes bouteilles et les scandales divers dont le dernier, qui est le navet dans lequel il joue un DSK obèse. Lorsqu'il prit en 2012 la décision provocatrice de quitter la France pour s'installer en Belgique, puis en Russie, il mit en vente cette superbe résidence de 1800 m2 habitables, achetée comptant 25 millions de francs en 1994, et qu'il avait entièrement rénovée. Puis le bruit courut, initié par l'agence Tass, qu'il allait plutôt en faire don à l'Union des cinéastes de la Fédération de Russie. Mais lorsqu'on consulte le site de l'agence immobilière de luxe Daniel Féau, on constate que le bien est toujours à vendre.

Si cela vous intéresse, sachez que Depardieu en demande... 50 millions d'euros !