19 décembre 2007

TreeMap











On n'en finit pas de jouer avec Google.
O. me signale un site intéressant, http://marumushi.com, qui montre, parmi plusieurs applets, cette représentation graphique des news de Google. Je cite :
« Newsmap est une application qui reflète visuellement le paysage en perpétuel changement de l'agrégateur de Google News. Un algorithme permet d'afficher la somme immense d'informations rassemblées par l'agrégateur ».
En gros chaque type de news se voit attribuer une couleur (Rouge pour l'international, orange pour le national, vert pour le technique, bleu pour le business...) et moins la news est récente, plus la couleur contient de noir. Je suppose que la grosseur des carrés correspond au nombre de consultations. En passant la souris sur chaque news, on peut la lire, quelle que soit sa taille. C'est très beau.

16 décembre 2007

Déforme encore ?


Bravo à Didier, qui avait presque deviné l'énigme du post précédent. Ce n'était pas du Gauguin, mais du Maurice Denis, un Nabi aussi. Quant au tableau, le sujet en était bien religieux, mais ce n'était pas l'adoration des mages : c'était l'annonciation.
Quant à celui-ci, je gage que c'est plus difficile. Mais qui sait ?

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Entendu tout à l'heure sur France 2 à propos de Manaudou :
« Elle se rapproche du différentiel qui la sépare du record du monde ». !!

09 décembre 2007

Déforme


Après avoir déformé des photos pour qu'elles ressemblent à des tableaux (cf. mes infotographies ici ou ), je m'amuse en ce moment à déformer des tableaux figuratifs pour en faire des tableaux abstraits. Et aussi pour voir s'il en reste quelque chose. Un peintre est-il reconnaissable par exemple au choix de ses couleurs ? Je trouve que oui, pour celui-ci.
Qui devinera le peintre et le tableau ici déformé ?

04 décembre 2007

Rancœurs

Dans son édition d'hier soir, à propos de la visite de Sarko en Algérie, le Monde titrait « le poids des vieilles rancœurs ». Cela m'a inspiré cette réflexion profonde (qui n'a rien à voir avec l'Algérie) :
Quand l'été est pourri, même le roi des campeurs connaît le poids des rancœurs.

30 novembre 2007

Rome

Jamais la rue de Rome ne porte aussi bien son nom que par un matin d’hiver, quand de légers nuages taupe rendent le bleu du ciel plus lumineux, et que le soleil, cirant les rails et dorant les façades, italianise tout le tableau.

28 novembre 2007

Hier matin

Le vert fluo des feux de signalisation,
Le prix exorbitant d’un pull en cachemire
Dans le ruisseau brillant un pigeon qui se mire,
Un gosse en trottinette — attention, attention !

Le talon conquérant d’un chargé de mission,
Tous les bijoux perdus de l’antique Palmyre
À présent exposés en vitrine (j’admire),
Un parfum délicieux de panification,

Dans la rue de Lévis un toutou qu’on promène,
Sur le pas de sa porte un boutiquier amène,
Des jeunes en rollers et des vieux en vélo,

Les bouchers du Monop’ déchargeant leur carcasse
Le soleil caressant les balcons de la place,
C’est ce que je remarque en allant au boulot.

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Ça, c'était hier, parce qu'aujourd'hui, 29 novembre, tout est gris !

Gratuit

Chaque soir place de Clichy, les zusagers sortant du boulot (et de la bouche de métro) en direction du Nord ne peuvent échapper à une horde de distributeurs du journal gratuit « Paru Vendu ». C'est uniquement par respect pour ces jeunes, obligés de faire un boulot aussi peu enthousiasmant, que je me retiens de leur refourguer ce torchon en disant « Pas vu, Rendu ! »

Conseil

Un conseil anagrammatique qu'on pourrait donner aux ados révoltés de Villiers-le-bel serait :
« Lis, vil rebelle »

Mais, oh comme c'est con, la bibliothèque a brûlé, justement.

26 novembre 2007

Acrostiche publicitaire


Chais pas vous mais moi, il commence à me gonfler grave, le gars Paul, avec ses spots radio hyper chers, son blog trop léché, et son prétendu buzz. Pas étonnant qu'Emma ait quitté un mec aussi pégueux. Vlatipa qu'aujourd'hui, il prétend même lui faire un poème. Un « po-aime », dit-il sans peur de paraître original. Et un poème acrostiche s'il vous plaît !

Emma reviens
Mon amour pour toi
M’a ensorcelé
A
jamais
C'est évidemment plus facile de faire des poèmes acrostiches quand il n'y a que quatre lettres. Quant à la métrique, 4/5/5/3, elle est, euh, intéressante. Et puis ya quand même deux mots qui riment, certes pas très richement, et aussi un peu approximativement, mais à l'ère du vers libre, on va pas chipoter. Comme je mets à la place de cette pauvre Emma, j'ai bien envie de répondre à ce bêlant bellâtre à sa manière, histoire de me dépêtrer de ce pot de colle. Allez, j'essaie ?
Pas
Ainsi, tu es
Usant, très
Lourd !
Pars !
Allez, c'est
Urgent ! Très
Loin !
ou alors :
Paul, ton
Amour
Unilatéral me
Lasse
ou encore
Putain, ton
Attitude est
Ubuesque
Lâche-moi !
ou peut-être
Papa est mon
Amour
Unique
La la la

à moins que..

Paul,
Arrête, avec ton
Ultimatum
Lamentable !
À vous de continuer !



22 novembre 2007

Réussite

À N., qui ne fait pas grand chose mais se défend aux échecs, C. a conseillé de faire plutôt des réussites.

20 novembre 2007

Caïn

70 % d'accidents corporels en plus chaque jour depuis le début de la grève. Le gréviste s'en sent-il un peu responsable ? Cela m'étonnerait. Les piétons, les cyclistes, les motards n'ont qu'à rester chez eux ou faire attention.
« Suis-je le gardien de mon frère ? ».

16 novembre 2007

Autonome

Quand on leur pose la question « mais que craignez-vous de la loi sur l'autonomie des universités ? », souvent les étudiants répondent : « on va la privatiser », ce qui semble pour eux le comble de l'horreur.
Privatiser l'université ? Il faudrait d'abord trouver un acheteur. Quant à moi, même si j'étais un fonds de pension américain, ce n'est pas là dedans que j'irais investir.

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Hier soir, face à un étudiant précisément envahi de cette même crainte, une personnalité a cité l'exemple de la très cotée UTC (Université de Technologie de Compiègne), à qui on ne peut pas dire que l'autonomie ait porté la poisse, puisqu'elle vit très bien en passant des contrats de recherche avec les entreprises.

Très juste : et c'est en 1972 qu'elle a été fondée, sur le modèle du MIT, par Guy Deniélou, qui se trouve par ailleurs être mon père, et à qui j'envoie un coup de chapeau au passage. Il avait contre lui et la gauche et la droite, les bâtons dans les roues n'ont pas manqué, mais il a réussi. Il y a 35 ans de cela !

15 novembre 2007

À nous de vous faire préférer l'avion

Il date déjà d'il y a quelques semaines, mais Europe 1 en a passé un extrait ce matin fort opportunément : le videopastiche des Village People, dans lequel « Y.M.C.A. » est remplacé par « S.N.C.F. », est bidonnant et de plus en plus d'actualité. Pour ceux et celles qui ne l'auraient pas encore vu :
cliquez ici : SNCF

14 novembre 2007

Avantages à qui ?

J'ai apprécié la franchise d'un jeune cheminot en formation à qui l'on demandait à la radio pourquoi il soutenait la grève :
— « Ben, » a-t-il expliqué avec candeur, « c'est pour tous ces avantages qu'on a voulu travailler là, c'est sûr que dans le privé on n'aurait pas tout ça ! »
Ah bon, il n'a pas choisi ce job pour la pénibilité du travail ?

11 novembre 2007

Pot d'adieu

Contre les murs de plâtre on a poussé les tables ;
Dix ans dans la maison, maintenant il s’en va.
Sur le sol carrelé qu’hier soir on lava,
Les sièges empilés ont un air lamentable.

C’est la fête au bureau. Le peuple corvéable
S’apprête à sa manière à faire la java :
On sert le crémant tiède, on dit « ça va ça va ».
Pour trinquer, le plastique est assez déplorable.

Depuis bien quinze jours l’enveloppe circule ;
On n’a pas hésité, malgré le ridicule,
À lui offrir un gril de la marque Téfal.

Il ouvre les paquets puis on le congratule :
« Un discours un discours ! » mais le discours s’annule,
Car sur les macarons se jette le morfal.

EC

07 novembre 2007

Alex

Comme son rival Galouzeau, mais en nettement plus naturel, Nicolas Sarkozy est un poète. À preuve ce bel alexandrin dont il est l'auteur : « Je veux reconquérir le cœur de l'Amérique ».

05 novembre 2007

Brioche

Hollande compare Lagarde, qui veut qu'on prenne le vélo quand il n'y a pas d'essence, à Marie-Antoinette, proposant aux pauvres qui manquent de pain de manger de la brioche.
Pourtant il aurait bien besoin de pédaler pour perdre la sienne, de brioche.

02 novembre 2007

2CV


Après avoir publié coup sur coup Le pornithorynque est un salopare, en mars 2004 et L'anarchiviste et le biblioteckel, en mars 2006, aux éditions Mille et une nuits, ce grand voyageur qu’est Alain Créhange range ses mots valises dans le coffre de sa 2CV et part pour un périple hilarant à travers des siècles de peinture.

Depuis l’Antiquité, où l’on découvre sur les frises du Parthénon le rôle prédominant que joua ladite 2CV dans la prise de Troie, jusqu’au XXe siècle que résume la fameuse 2CV blanche sur fond blanc de Kazimir Malevitch, le lecteur étonné a 64 pages pour constater à quel point les peintres de tous les temps ont pu être inspirés par ce fleuron de l’art automobile.

Chaque reproduction, sur la page de droite, est accompagnée sur celle de gauche d’une explication historique fort utile à la compréhension de l’œuvre.

À signaler page 61, en bonus, un avatar de Nerval (les Filles du Feu rouge) qui est un clin d’œil amical à Camille Abaclar, et comporte de beaux vers : « mon capot se souvient du baiser de la brise » ainsi que des rimes hardies (autochtone/klaxon).

Dédié à un célèbre garagiste d’Arcueil, Pierre Tabone, qui en fut « le démarreur », (voir l’allusion de Nicolas Poussin à son garage page 27), En peinture Simone est de plus un beau bouquin qu’on aura plaisir à offrir pour Noël. 20 € prix affiché.

Hiver


Bien que j'aie de la bouteille, je peux encore mélanger celle de l'eau d'Évian et celle de l'eau de Spa, ce qui prouve que si Jean-Christophe Averty n'entend pas grand chose, moi, je n'y vois goutte.

Guy Ciancia, à qui aucune monstruosité n'échappe, me l'a fait aimablement remarquer, et je le cite : «
Fanchon Daemers ne carbure ni à l'éther ni à l'Évian, mais à l'eau de Spa. Seule la licence homophonique peut autoriser à confondre l'eau des Vian et les autres. Spa? »

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Sonnet de Novembre

Je suis seule au bureau, on est le 2 novembre ;
Ils ont tous fait le pont et j’ai quelque remords
De n’avoir aujourd'hui à fleurir aucun mort,
Qui fût un bon prétexte pour garder la chambre.

Mais du club des feignants jamais je ne fus membre ;
En dépit des douleurs qui torturent mon corps,
L’arthrite, le prurit, la scoliose, l’angor,
Je fais face à l’écran, je le toise et me cambre,

Empoignant la souris dans un dernier effort,
Chatouillant du clavier l’électronique plume,
Je m’apprête à saisir mon rapport, bref j’assume,

Quand, détournant les yeux, je vois l’Hiver dehors,
Et dans le ciel laiteux que nul astre n’allume,
La bave d’un soleil sur un buvard de brume

EC

01 novembre 2007

Haha

27 haha, Occultation d'Alfred Jarry : il y a cent ans aujourd'hui, le père du père UBU mouchait sa chandelle verte. Peu de médias pour célébrer dignement cet anniversaire. Mais vendredi, samedi et dimanche dernier, le collège de 'Pataphysique faisait la fête à la fond'action Boris Vian : présentation du Correspondancier du Collège de 'Pataphysique, qu'on peut se procurer là, avec un passionnant dossier de Guy Ciancia consacré aux monstres de Josep Baqué (exposés à la fond'action pour la circonstance), une pièce d'Arrabal, une conférence du Dr Lichic sur les Chaelicerops (de bien sales bêtes, ma foi), un récital de la chanteuse Fanchon Daemers, et deux œuvres télévisuelles de Jean-Christophe Averty (photo) : Ubu Roi, et Alfred Jarry, qui ont fait l'objet d'un DVD également disponible à la même librairie.
Pendant le récital, j'étais assise à côté de Jean-Christophe Averty, qui m'a fait mourir de rire. Ayant perdu ses oreilles dans les studios d'enregistrement, il ne pouvait entendre la voix pourtant puissante et bien timbrée de la chanteuse, qui attaquait en coulisse une complainte assez sinistre.
— Il se passe quelque chose ? me demande-t-il.
Je lui explique tant bien que mal qu'une voix vibre quelque part.
— Quelle contenance dois-je prendre ? poursuit-il.
Je lui indique de prendre comme modèle mon voisin de droite.
La chanteuse enfin apparue poursuit son récital, prenant juste le temps, entre deux airs, de boire à sa bouteille d'Evian.
C'est alors qu'Averty me hurle confidentiellement à l'oreille :
— C'est de l'éther !
Et, devant mon scepticisme :
— Je n'entends rien, mais je sens !!!
Nous avons pris le fou-rire.

24 octobre 2007

Potchevletch


Pas moins de six membres de l'Oulipo avaient fait le déplacement à Lille vendredi 19 pour la troisième édition de Zazie mode d'emploi. Derrière la table, sur la scène de la belle salle du théâtre du Prato, présentés par Robert Rapilly et de gauche à droite, Jacques Jouet, Marcel Bénabou, Olivier Salon, Ian Monk (qui ne venait pas de bien loin !), Frédéric Forte et Hervé Le Tellier. Une excellente lecture qui fut suivie d'ateliers d'écriture (mais aussi de pinacogrammes et de chorale) le soir et le lendemain. La fête fut dignement couronnée par la soirée de samedi autour d'un potchevletch. Et demain jeudi, on remet ça avec la lecture habituelle à la Bibliothèque F. Mitterrand.

19 octobre 2007

Ouverture

Poursuivant sa stratégie d'ouverture, Nicolas Sarkozy vient de divorcer, afin de pouvoir épouser Ségolène Royal. De son côté, l'intéressée serait tentée d'accepter, à preuve sa récente séparation d'avec François Hollande.

18 octobre 2007

Transports

Entendu ce matin à la radio un conducteur de RER arguer de ses horaires de travail déréglés pour justifier son départ à la retraite 10 ans avant les autres, les infirmières ayant d'après lui des horaires plus réguliers. Certes, ce monsieur doit transporter chaque jour un certain nombre de cathartiques, vérolés, cancéreux, eczémateux, contagieux, très vieux, mais lui, au moins, il ne les voit pas.

12 octobre 2007

Papillon

Blague de potache ? Révolte de riverains excédés ? Je me suis posé la question en constatant ce matin que de nombreuses voitures en stationnement rue La Condamine et rue Dulong arboraient sous l'essuie-glace, en guise de prune, un feuillet arraché à un bloc à reliure spirale, sur lequel une grosse écriture féminine avait écrit au feutre : « Votre horodateur a refusé mon chèque ». Plus vraisemblablement, il se pourrait qu'il s'agisse d'une pub pour la nouvelle carte de paiement...

10 octobre 2007

Voiture

Récemment j'ai vu dans un magazine une photo de BHL illustrant un article sur son dernier bouquin « Ce grand cadavre à la renverse », et cette photo m'a fait penser à un portrait de Philippe de Champaigne que j'avais admiré il y a quelques mois dans une expo à Lille.
J'ai retrouvé ce tableau — le portrait de Voiture — et j'ai fusionné la photo et le tableau.
Aucun rapport avec le bouquin de BHL, que je suis d'ailleurs en train de lire.
Voiture peut rouler à gauche ou à droite.

02 octobre 2007

Choix

Ils l'ont fait. À Europe 1 ce matin. Et c'est Pierre Haski, l'ex de Libération, qui a vécu 5 ans en Chine, qui l'a faite. Et même pas exprès.
C'est à propos des événements en Birmanie, qu'il a parlé du poids de la Chine.

01 octobre 2007

Pieuvre

Nous avons assisté samedi à l'enregistrement du concert de « la Pieuvre » dans le studio Charles Trenet (ex studio 105) de la maison de la radio. La Pieuvre, c'est un orchestre d'improvisation composé de Nicolas Chachignot à la batterie, Antoine Rousseau à la guitare basse, Martin Granger au synthétiseur, et d'une vingtaine d'autres que je ne connais pas et qui jouent du melodica, de la clarinette, de la contrebasse, du saxophone, de la trompette, du trombone, du cornet, ou tout simplement de leurs voix.
L'ensemble est « dirigé », au moyen d'un système de codes mystérieux, par Olivier Benoit dont la gestuelle assez spectaculaire ne doit strictement rien à la direction d'orchestre classique. C'est marrant à voir, mais que dire de la musique ? Par moments je me suis dit que ça pourrait illustrer la Petite cosmogonie portative de Raymond Queneau, (« La terre apparaît pâle et blette, elle mugit ») mais parfois je me suis crue au milieu de la place de la Concorde un jour d'embouteillage quand tous les automobilistes énervés se mettent à klaxonner. J'ai quand même acheté deux disques histoire d'encourager ce genre d'expériences, mais j'avoue avoir beaucoup de mal avec une certaine musique contemporaine : l'absence de mélodie, l'abus des basses fréquences, les décibels.

26 septembre 2007

Festin

Cinq abeilles, une mouche dorée et un papillon tellement occupés à s'empiffrer d'une poire blette que mon objectif ne les a même pas dérangés. C'était samedi dernier, quelque part dans la Brie, à une fête organisée pour les anniversaires de N. et de H. Alain Créhange, l'immortel inventeur du pornithorynque, du biblioteckel et d'autres salopares de même espèce (éditions Mille et une nuits) était présent, ce qui nous a donné l'occasion de découvrir en avant première son prochain ouvrage, En peinture, Simone, à paraître dans une dizaine de jours. Je vous le recommande avec ardeur, il nous a valu quelques fous-rires. Mêlant montages photo et textes, dédié à Pierre, le plus célèbre garagiste d'Arcueil, il explore l'histoire de la 2CV à travers des siècles de peinture, voire de poésie, avec au passage un clin d'œil appuyé à Camille Abaclar.

11 septembre 2007

Pas libre

Le Parisien s'est approprié le Vélib. Tellement, même, qu'il y met un antivol afin que son prochain ne puisse pas en profiter. J'ai photographié ce vé pas lib' du tout ce matin rue des Batignolles près de la Mairie du 17e vers 8 h 30. Celui (ou celle) qui l'avait annexé voulait-il être certain d'en disposer pour partir au boulot le plus tard possible ? Était-il (elle) rentré(e) trop tard ou trop saoûl(e) pour aller le ranger à la station pourtant proche ?
On devrait toujours avoir des pinces coupantes dans son sac à main.

09 septembre 2007

X

Pour célébrer ce qui ressemblait hier à un début d'été prometteur (promesse non tenue ce matin), et m'arracher les yeux de l'écran, M. m'a proposé une balade jusqu'au jardin de Reuilly, où se jouait sur la pelouse centrale, dans le cadre du festival « Opéra des rues 2007 », une sorte de pot pourri d'airs d'opéras et d'opérettes, sous le nom de « l'Amour aux Rayons X ».
Si la sauce qui reliait les airs entre eux était parfois un peu trop épaisse, si la sono faiblarde nous lâcha quelques minutes avant la fin, les chanteurs-acteurs (Cécile Thircuir et Vincent Vantyghem) étaient en revanche excellents, autant dans le fameux « pouet pouet » tiré de l'opérette de George Milton « Elle est à vous » et immortalisé par Bourvil, que dans l'air du Catalogue du Don Juan de Mozart, dont la coexistence au sein d'un même spectacle était assez savoureuse.

08 septembre 2007

Typo

Complètement absorbée par un travail de correction et de mise en pages, je me suis tout de même autorisé une sortie quelques minutes pour faire une course.
Mais, à mon retour, impossible d'ouvrir la porte d'entrée de l'immeuble.
Ce n'est qu'après plusieurs essais infructueux que je me suis rendu compte qu'au lieu du code digital je m'obstinais à composer 0192, qui est celui (décimal) du A majuscule avec accent grave.
Grave, en effet.

07 septembre 2007

Filet

J'ai fait cette nuit un rêve très esthétique :
C'est une scène vue de près, presque comme si j'en faisais partie, mais j'en suis spectatrice, et même réalisatrice, « caméra à l'épaule », on pourrait dire.
Dans l'objectif de cette « caméra », une troupe d'une vingtaine de jeunes filles au travail, gaies et courageuses ; certaines sont adolescentes, d'autres encore enfants ; elles s'affairent à la pêche aux coquillages.
L'une d'elles sourit en gros plan, tout en soulevant son fardeau dégoulinant. Elle est très brune, aux sourcils épais. Comme ses compagnes, elle a le type européen du sud (Portugal, Sicile...) bien que la scène soit « tournée » sur un rivage de l'ouest africain.
Leur travail consiste à retirer de l'Océan ces coquillages, dont certains sont énormes (de la taille d'un gros tourteau), directement sous forme de lourds paquets, déjà pré-emballés dans des filets synthétiques verts très résistants et très serrés. J'en soupèse un, il est très lourd et la corde du filet vert me rentre dans les doigts.
Toutes ces jeunes filles sont voilées.
Mais, parce que le tissu est rare, leur voile est fait du même filet vert que celui qui emballe leurs paquets de coquillages.

31 août 2007

Impôts

Si j'ai bien compris ce qu'a dit Sarkozy à propos des impôts :
« Plus de délation, on change de fisc » !!

29 août 2007

pieds

Encore un croquis de vacances. Mais peu de temps pour écrire, entre les problèmes techniques à résoudre au boulot pendant la journée et le nouveau travail de mise en page (très intéressant) qui occupe en ces temps de rentrée presque tous mes soirs et mes week-ends.
Presque seulement, car lundi soir j'ai participé à une réunion de consommateurs jusqu'à 23 h : c'est une activité amusante et lucrative, et nombre de mes jeunes collègues en font une industrie pour boucler leurs fins de mois. Nourries de succulents canapés, abreuvées de café, de coca ou de jus d'orange, dotées d'un joli cadeau à la fin (même si ce n'était que l'écoulement des stocks du dernier Roland Garros), dix rombières dont moi ont passé trois heures à commenter gaiement des concepts publicitaires avant de toucher 80 euros pour cet effort méritoire. C'est mieux payé que des ménages et bien plus agréable.

23 août 2007

La reprise


Reprise de Blog o'tobo après déconnexion estivale.

En Ardèche, je me suis rassasiée de soleil et de sommeil. De ma place, sur la terrasse, la radio coincée sur France-Musique, j'ai fait des mots croisés, j'ai bouquiné des romans anglais, et j'ai dessiné tout ce que je voyais : le chat, mes pieds, la vigne vierge, la perspective de l'escalier avec un bout du marronnier (c'est ce que vous voyez ici à gauche).

Et c'est reparti. Le soir devant mon ordi, j'écoute à nouveau l'émission d'Europe 1, à l'affût des perles du jargon sportif. En attendant, je me souviens d'en avoir entendu une belle, hier à la télé : Jean-Michel Larqué a déclaré que « le ligament croisé du genou, c'est le tendon d'Achille du footballeur ».

J'en avais noté deux sur mon petit carnet, avant les vacances. Un président de club, lyrique, parlant de Saint-Étienne : « C'est toujours merveilleux de voir cette équipe dont le cœur bat au rythme de la couleur de l'espérance ! ». Et un autre personnage interviewé un peu plus tard : « Pour moi, c'est une véritable icône, au sens large du terme ».

09 juillet 2007

Chaleur



Un beau coucher de soleil, hier, m'a consolée de ce week-end pourri.
Mais la reprise est dure ce matin : en les entendant parler de « chaîne de valeur », je me suis dit que j'aurais préféré une veine de chaleur...

07 juillet 2007

Rupture de stock

C. prend un traitement contre la dépression. Elle va à la pharmacie avec son ordonnance pour renouveler son stock de Prothiaden : — « Il n'y en a plus, nous sommes en rupture de stock », lui dit la pharmacienne. Qu'à cela ne tienne, il y a une autre pharmacie en face. C. réitère sa demande, mais reçoit la même réponse. — « Rupture de stock !». Dans la troisième officine qu'elle visite, elle obtient enfin son médicament et demande au pharmacien le pourquoi de cette pénurie. —« Oh, c'est normal, c'est la dépression d'automne », lui répond sans rire l'homme de l'art.

Ne nous plaignons pas trop, nous avons eu un peu de soleil, aujourd'hui.

26 juin 2007

Feu d'artifice












GEF vient de m'envoyer l'adresse d'un site, http://www.aharef.info/static/htmlgraph/, où l'on peut obtenir la représentation graphique des pages d'un site web rien qu'en tapant son URL. Voici ce que donne Blogotobo, on dirait un feu d'artifice, c'est très joli !

25 juin 2007

Papous


Il n'est pas encore paru, le tout nouveau dictionnaire des Papous, et pourtant, je l'ai déjà, et signé par tous les Papous, même. Comment est-ce possible ? Tout simplement parce que j'étais vendredi soir à la librairie Atout-Livre, que co-dirige un vieux copain, Bruno Liscia, ancien patron et fondateur de la société Triel, qui était dans les années 80 et 90 (les années Minitel) une sorte de laboratoire de marketing technologique et une web-agency avant l'heure. À l'époque, Bruno s'intéressait déjà aux livres et aux disques, et travaillait avec son compère Alain Landau et Patrice Magnard à ce qui allait devenir Alapage, racheté plus tard par France Télécom. Le voilà maintenant libraire, mais un libraire technologiquement éclairé. Je vous conseille de vous abonner à la newsletter d'Atout-Livre, pour connaître notamment les dates des animations organisées dans la librairie. C'est comme ça que j'ai su que les Papous y débarquaient en masse. Plus de 120 personnes se serraient malgré la chaleur pour les écouter. Elles n'ont pas été déçues. Le ton fut donné avant même la séance par Jean-Bernard Pouy qui, s'étant saisi d'une bouteille d'eau de la marque Cristaline, remarqua à haute voix qu'en la prenant d'une certaine façon, on pouvait lire « staline », et d'une autre façon, « crist ». Et le reste fut à l'avenant.

Peinture à l'eau

Il est mignon, le jardin de la gare de Charonne. Situé à l’emplacement d’un ancien dépôt de charbon, tout près de la Petite Ceinture, à l’angle de la rue du Volga et du boulevard Davout, il offre aux promeneurs des allées ombragées, aux amoureux et aux vieillards des bancs en nombre appréciable, et aux enfants une aire de jeux que domine un imposant toboggan, qu’on dirait dessiné par Tardi ou construit par Guénolé Azerthiope avec des objets de récupération. Un potager bordé de choux-raves très décoratifs, une fontaine gazouillante et des bassins nénuphardés de rose complètent ce tableau idyllique. Et voilà soudain le paradis envahi jeudi, vers 18 h, par une horde d’hurluberlus hirsutes, frôlant le 3e voire le 4e âge, chargés qui d’un seau en plastique, qui d’un balai brosse, qui d’une bouteille d’eau percée scotchée sur un manche, qui d’un pinceau chinois au bout d’un bambou, qui encore d’une éponge taillée en pointe et vissée à un bâton. Ces étranges personnages, ayant trempé leurs étranges instruments dans le seau rempli d’eau ou directement dans les bassins, entreprennent alors de réaliser à même le sol des dessins que photographient deux de leurs compères. Entreprennent seulement, car il ne faut pas plus de quelques minutes pour qu’ils se voient entourés d’une nuée de gosses, curieux d’abord, puis s’enhardissant jusqu’à vouloir essayer eux-mêmes. L’attroupement provoque l’arrivée des gardes qui, après avoir palabré, pesé le pour et le contre, et constaté que l’inondation du sol, non seulement ne provoque aucuns dégâts, mais tend de plus à s’évaporer avec la chaleur, décident de laisser faire. La patouille devient alors générale. Un jeune Brandon tout noir a signé de son nom un gigantesque bonhomme qu’il contemple avec une fierté mêlée d’émotion. Une fillette de 8 ou 9 ans a tracé un grand cercle rempli de petits ronds, c’est un arbre avec des fraises. Guénolé Azerthiope, tiens le voilà, s’entoure de gidouilles humides, tandis que Thieri Foulc, d’un filet d’eau continu, fait apparaître dans la poussière les courbes appétissantes d’une femme à poil, provoquant l’étonnement des petits et des grands. Les photographes continuent imperturbables leur travail. Les photos, réunies en un livre, fixeront pour l’éternité ou presque ces œuvres éphémères. Il se fait tard. Les mamans des enfants s’inquiètent de ces jeux inhabituels. Le jeune Brandon, sérieux comme un homme, me rend solennellement le balai de chiottes qu’il m’avait emprunté. « Je dois y aller », me dit-il. Et il ajoute, avec un tantinet de cérémonie : « Merci, j’ai aimé le faire ».

12 juin 2007

Oulipotes


Vendredi, à Lille, par le truchement de Robert Rapilly, l'initiateur du projet, les « Oulipotes » nous ont fait la surprise d'un précieux cadeau pour la naissance de Raoul : le numéro 10 de la collection BLO, visible sur http://www.oulipotes.net/BLO/.
C'est un recueil de poèmes et de textes contraints en l'honneur du nouveau-né. Qu'ils en soient remerciés !
Ici, un ambigramme créé par GEF. J'en ai fait un GIF animé, mais il ne s'anime pas sous Blogger, qui le transforme en .png. Il vous reste à retourner votre écran :-)

05 juin 2007

Alphabet raoulien







L’alphabet nord-sud de Raoul

Bienvenue au petit RAoul
Dont les parents un peu maBoul
Ont choisi le prénom très Cool,
Mais qui, poison comme reDoul,
Braille, qu’on l’entend à SEoul !
Que les fées accourent en Foule
Écarter vampires et Goules
De son nid et, de bonne Houle,
Le bercer pour plus qu’il ne pIoule,
Puis le réchauffer de leurs Joules
Jusqu’à ce qu’enfin il rouKoule.
Qu’en son honneur chauffe dans L’oule
Une bonne brassée de Moules :
C’est l’aliment des CapeNoules.
Que boire ? Pas d’eau pas d’O ! où l
A-t-on donc caché le picPoul ?
Dans nos verres vite qu’il Quoule
Et que sous la table l’on Roule
Car Raoul vaut que l’on se Saoule
Avec le vin des CapiTouls.
Admirez le ou vêtU ou l
À, tout nu dans son bain puis Vous l’
Habillerez de doux lambsWool
Pour qu’il ait chaud comme à AiX où l
Soleil brille plus qu’à BaYoul
Qu’il sera biau le chti pedZoul !

04 juin 2007

Pour Raoul


Un chat noir sur un tapis persan, c'est tellement plus beau qu'un chat persan sur un tapis noir ! Celui-ci est une jeune chatte du nom de Misstic, elle était ce week-end en visite chez nous.

Message personnel pour Raoul : vivement que tu puisses lire le Vicomte de Bragelonne. En attendant, bienvenue dans ce monde. J'ai ouvert pour toi à 14 h une bouteille de champagne que j'ai partagée avec mon équipe au boulot, résultat plus personne ne bosse. Ça commence bien !

01 juin 2007

Participes


Je peste régulièrement contre les phôtes de français dans les journaux. Ce midi dans le Figaro, j'ai eu le temps d'en relever trois grosses, tout en m'avalant le plat du jour (une blanquette) en terrasse, et en profitant des rares mais chaudes apparitions du soleil. La première, page 6, dans la question d'un sondage citant Ségolène Royal : « les gens vont se rendre compte [...] qu'ils se sont fait floués ». Aaargh ! La seconde, carrément dans un titre de la page 9 : « Les entreprise prêtes à financer... » Pfff ! Et la troisième page 15 dans le bloc-notes de Rioufol : « La CGT, caste qui s'est appropriée certains services publics ». Ouille ouille ouille ! Si le Figaro a besoin de correcteur, à sa disposition !
À part ça : ici, le dessin de ce que je vois quand je ne regarde pas par la fenêtre (également réalisé sous Paint à la souris, car je ne dispose pas ici de tablette graphique !)

30 mai 2007

Ma vue


Depuis plusieurs mois il y a des travaux sur les toits d'en face de mon bureau. Les couvreurs isolent et rezinguent entièrement l'immeuble. Un côté, celui que l'on voit, est déjà terminé. L'autre est en cours. Ils préparent leur plaques dans la petite cahute de planches qu'on les a vu construire au sommet et dont les murs sont en feuilles de plastique vert translucide. Le ciel est gris comme le zinc. Et comme la souris avec laquelle j'ai immortalisé cette scène sur Paint.

22 mai 2007

Lille

Week-end à Lille, ensoleillé le samedi, pluvieux le dimanche, mais nous avons quand même pu nous balader le matin au marché de Wazemmes où j'ai fait quelques photos avant de déjeuner chez M et Y. L'après midi, expo Philippe de Champaigne au musée des Beaux-Arts : les portraits sont saisissants — notamment la série de Port Royal — et sa technique du drapé absolument parfaite. J'ai découvert à cette occasion que le monsieur qui était en médaillon sur mes Pensées de Pascal n'était pas Pascal, mais un certain de Sacy, lointain ancêtre de Martin. Quant à Colbert, il avait plutôt une bonne gueule. Tous ces gens nous ressemblent finalement beaucoup. La veille, nous avions vu quelques expos de photos sur le thème du cinéma, fait connaissance avec le chat de N. et R., rendu visite à une vieille copine, pris le thé chez Meert, et dîné au libanais de la rue des Postes. Conduits à la gare dans la nouvelle Honda de Raf, nous avons repris le train pour Paris...

18 mai 2007

Accident


Ce matin, vers 8 h 25, alors que je m'apprête à traverser l'avenue en direction de la rue des Dames, un choc, un bruit effroyable de ferraille brutalement écrasée me fait sursauter. Je tourne les yeux et comme dans une bande dessinée, je vois un type en l'air, un motard, qui retombe lourdement sur le sol. Il vient d'être percuté au feu rouge, semble-t-il par l'arrière, par une petite smart noire. Premier réflexe, appeler les pompiers, mais mes doigts tremblants n'arrivent pas à taper sur les touches. Une dame m'aide. Des passants croyant bien faire déplacent la moto accidentée. Les minutes s'écoulent, le motard étendu sur la chaussée bouge une jambe et je me dis ouf, la colonne vertébrale n'est pas touchée. Les pompiers arrivent enfin et je les vois de près accomplir les gestes que je les ai vu de loin faire si souvent, sur ce carrefour dangereux que mon balcon domine et d'où je les ai parfois photographiés en pleine action : d'abord parler au blessé, puis retirer son casque avec une dextérité incompréhensible (c'est déjà dur à enfiler, un casque), puis poser une minerve, puis lui retirer son blouson sans qu'il ait à bouger les bras, puis le soulever à trois tandis qu'un quatrième glisse le brancard sous lui, puis pomper pour gonfler le matelas coquille et l'emmener dans le camion. Les flics arrivent alors et je rédige ma déposition de témoin. Le jeune conducteur de la voiture en cause semble mal à l'aise, il me dit : je ne roulais pas vite, vous l'avez vu. Je réponds que non, je n'ai rien vu avant d'avoir vu le motard en l'air, et je m'éloigne. Son haleine sent l'alcool.

15 mai 2007

RoBoston


Jean-Michel Billaut (que j'avais surnommé « Billauman » au temps des internénettes) est actuellement à Boston, à la 4e robobusiness conference, et je crois bien que Carole y est allée aussi. Encore un voyage d'étude où je ne les accompagnerai pas, hélas. Mais à part ça, Jean-Michel vient d'ouvrir son second blog, qui s'appelle Révolution 3.0, consacré aux nanotechnologies. Je ne saurais trop vous conseiller d'aller le visiter. Le premier article est consacré à une expérience de régénérescence de moelle épinière sur des souris, menée à la Northwestern University aux USA. Ce que Carole pressentait comme progrès dans le domaine médical, et que j'avais écrit après en avoir parlé avec elle, dans un article internenettes de 2002, commence enfin à prendre corps.

14 mai 2007

Tornade


Méfiez-vous des danses africaines : si vous n'en maîtrisez pas parfaitement les codes, elles peuvent avoir des conséquences abominables. C'est ainsi qu'hier, je fus arrachée de devant mon écran par des tambours aux rythmes sauvages. De mon balcon, je vis des couleurs violentes, des danses effrénées, des gens à demi nus. Eh bien, moins de deux minutes plus tard, le ciel est devenu noir, un vent terrible s'est levé, un déluge est tombé, j'ai eu toutes les peines du monde à fermer les fenêtres. À mon avis, quelqu'un a fait une erreur.

05 mai 2007

Foumon


Nous évoquions, au déjeuner, la mort précoce d'une parente éloignée, atteinte d'un cancer. Le jeune N., bientôt 9 ans, tout en dévorant ses crêpes, tâche qui semblait totalement l'absorber, gardait cependant l'oreille aux aguets. — « Il paraît qu'elle ne pesait plus que 30 kilos » , dit quelqu'un. Alors le jeune N., levant son innocent petit nez de dessus son assiette : « elle avait un cancer du poids ? »

04 mai 2007

Bleu du ciel


Excellente séance de l'Oulipo sur « le bleu du ciel » hier. Avec en prime six nouveaux films délicieux tirés de la série réalisée par Odile Fillon pour une chaîne du câble : ils durent 2 minutes chacun, les plans durent 10 secondes, chacun d'eux met en scène un oulipien dans une rue ou un lieu parisien. Marcel Bénabou rue Perec, se demande pourquoi on a donné ce nom à une rue si campagnarde, alors que Perec détestait la campagne. Olivier Salon, en anorak, traverse à ski la rue de la Glacière pour aboutir au Pôle Nord, un bistrot de la rue du même nom. Jacques Jouet s'invite chez Duchamp, Michelle Grangaud devant une vitrine de la rue de Cléry où sont exposés des mannequins sans tête évoque la guillotine qui coupa celle d'André Chénier, Salon encore lui s'interroge : pourquoi la rue Sarrette ? Au dîner, A.Z. nous a montré la copie d'un manuscrit de Nerval portant une version du Desdichado assez bizarre (« j'ai dormi dans la grotte où verdit la Sirène » au lieu de « j'ai rêvé dans la grotte où nage la Sirène »).

Ce matin, ayant entendu Catherine Nay, qui commentait le plantage de Ségo et Sarko sur la part du nucléaire dans la production d'électricité, se mélanger à son tour les pinceaux entre production et consommation, j'ai décidé d'aller à la source, c'est à dire aux statistiques du ministère de l'industrie, que je livre ici : La production totale nette d'électricité s'élève à 548,8 TWh. Elle se répartit en 428,7 TWh nucléaires (78,1 %), 57,1 TWh thermiques classiques (10,4 %), 60,9 TWh hydrauliques (11,1 %) et 2,2 éoliens et photovoltaïque (0,4 %). Comme ça, ça sera dit.

30 avril 2007

Jet Lag


Pour tenir éveillée la pauvre L., complètement jetlaguée hier à son arrivée de Nouvelle Calédonie, et lui permettre de reprendre le rythme français avant son stage qui commence mercredi, nous lui avons parlé toute la matinée, nous lui avons fait écouter les disques d'Alexandre Tharaud, nous avons trinqué avec elle au Porto, nous l'avons nourrie de lapin et de fraises et nous lui avons proposé de nous accompagner l'après midi au théâtre l'Échangeur de Bagnolet, où se jouait une adaptation à la scène des « fous littéraires » de Blavier, par la Compagnie Bougre de Singe. Mauvaise idée. Autant le spectacle organisé autour des œuvres oulipiennes (Théoulipo) nous avait plu, autant celui-ci ratait son but, malgré les textes fameux de Jean-Pierre Brisset, qui montrent le sens profond de tous les calembours. La jeune L. n'a pas tardé à piquer du nez dans son fauteuil, et nous nous sommes éclipsés vite fait pour la mettre au lit, sans attendre la troisième partie de la performance. Au retour, j'ai fait quelques photos de métro (dont celle que j'ai postée hier).

29 avril 2007

Concert


Nous sommes revenus enchantés du concert d'Alexandre Tharaud hier soir, au théâtre des Champs Élysées. Une première partie « concertos italiens », comprenait des transcriptions par Bach de concertos de son époque, et se terminait par son fameux concerto italien à lui, extraordinairement bien compris et interprété, avec un chant de la main gauche tout à fait remarquable. Une seconde partie, intelligemment construite, intercalait des pièces de suites de Couperin et d'autres pièces du Tombeau de Couperin de Ravel qui leur faisaient écho, le tout encadré par les « baricades misterieuses » jouées avec un coulant, un velouté, mmh...
À l'entracte, pendant que l'accordeur travaillait sur les cordes mises à mal par le jeu et la chaleur, les rombières qui étaient devant moi (et légèrement en dessous) se sont exprimées : — « je n'aime pas trop le baroque ». — « Moi non plus. Pour moi la musique commence après Bach » (sic). Et puis : — « c'est drôle, ce piano sonne comme un clavecin ». « Mais non, c'est Bach qui sonne comme du clavecin » (re-sic). Elle traduisaient ainsi ce qu'elles avaient ressenti du jeu si clair de Tharaud, sans pédale, avec une façon très claveciniste de traiter les ornements.
J'ai pris un immense plaisir à ce concert : pas snob, le jeune Tharaud nous a régalés de bis à n'en plus finir, parmi lesquels les Sauvages de Rameau (que j'espérais !) et deux valses de Chopin.
La nuit qui a suivi le concert, souffrant d'une insomnie, j'ai allumé la radio vers 5 h 30 sur France Musique : c'étaient les variations Goldberg. J'ai tout de suite reconnu le jeu de Glenn Gould et j'ai dit : Nom d'un chien, Tharaud, c'est l'anti Glenn Gould ! Suffisamment fort pour que M., qui dormait à moitié, s'en souvienne encore. Au réveil je maintiens. Tharaud fait ressortir les plans, démontre l'architecture, mais chante, lui.

28 avril 2007

Bouts-rimés

Martin est reparti hier vers le nord, avec plein de matos numérique, non sans m'avoir donné auparavant un cours de Spip et un autre d'Audacity. M. est rentré de Ruoms, les poches pleines de thym frais. Nous attendons L. qui doit débarquer demain vers 4h du matin de Nouvelle Calédonie pour faire un stage à Paris. Le numéro 11 de Formules se boucle, mes autres commandes en cours aussi. J'ai donc eu le temps d'écrire, tout à l'heure, un sonnet sur les bouts-rimés donnés par Robert Rapilly sur la liste Oulipo : étalons/étalons, percherons/percherons, polissons/polissons, oignons/oignons, pigeons/pigeons, savons/savons, pompons/pompons.
Robert nous donnait en même temps sa propre version qu'on peut lire sur son blog.
Voici la mienne, qui pourrait s'appeler « le mythe de l'Entreprise » ou « c'est la vie d'bureau pourvu qu'ça dure » :

Dans cette merde immense où nous nous étalons
On voit parfois passer de fougueux étalons.
Qui les entend hennir « là haut nous percherons »
Sait bien qu’ils finiront, comme nous, percherons.

L’ouvrage qu’au métier en vain nous polissons
Nous voulons le laisser à ces beaux polissons.
Occupez-vous enfin, petits, de nos oignons !
Et pour notre retraite, amis, nous vous oignons.

Ne nous demandez rien à nous, vieux qui pigeons,
Mais de vos supérieurs devenez les pigeons.
Ne nous interrogez jamais, nous qui savons,

Mais gardez votre rêve et vendez vos savons.
Nous, en attendant de distribuer les pompons,
Pompons la merde hélas, et gaîment la pompons.

EC

27 avril 2007

Rostropovitch

Rostro est mort. Ils ont eu vite fait, sur Wikipedia, de mettre à jour sa biographie. D'après Anne Montaron entendue sur France Musique, il était malade du foie. Je me souviens de l'avoir vu et entendu une fois (il y a au moins 25 ans !) en concert à l'opéra de Lille, dans un concerto de Haydn dirigé (un peu trop vite à mon goût) par Casadessus. Le violoncelle presque horizontal, la longue pique, ça étonnait, à l'époque ! Je l'adorais dans les variations rococo de Tchaïkowsky et le concerto de Dvořak. Là où il est maintenant, il n'y a plus que musique. Claire, si tu me lis, bois un coup avec moi à sa santé !

22 avril 2007

Time out

Comme c'est bizarre ! Impossible, depuis ce matin 10 h, de joindre le site du Soir de Belgique. On obtient régulièrement le message : « Délai d'attente dépassé. Le serveur à l'adresse www.lesoir.be met trop de temps à répondre. Le site est peut-être temporairement indisponible ou surchargé. Réessayez plus tard ». Ça rame aussi côté helvète « Le serveur à l'adresse www.tdg.ch met trop de temps à répondre ». Comme quoi, avant d'annoncer au monde entier qu'on va donner les estimations que les journaux français n'ont pas le droit de donner, on prend la précaution d'augmenter la puissance de ses serveurs. Faute de quoi l'effet est désastreux.

42 004

Avant d'aller voter ce matin, je me suis amusée à faire le test du site « mes mots », récemment découvert par l'entremise du site lexique.org, lui-même découvert grâce à la liste Litor , histoire d'obtenir enfin une estimation chiffrée de l'ampleur de mon vocabulaire.
Il s'agit de cocher, sur une liste de 100 mots, ceux dont vous vous sentez capables de donner une définition. Pour éviter la triche, la liste est légèrement truffée de mots inventés. Un clic et voici la page de résultats : par je ne sais quelle extrapolation mystérieuse, je suis censée connaître 42 004 mots (environ).
La liste des 100 mots est toujours là, avec pour chacun le « pourcentage d'internautes » le connaissant. C'est bon, je ne me suis pas fait avoir par « chousse » ni par « zanxte ». Certes j'ignorais « yali » mais j'avais des excuses : il est introuvable dans le Robert, et apparemment personne d'autre ne savait ce que c'était. Google prétend qu'il s'agit d'un jeu de société, mais une marque, ça ne fait pas tout de suite un nom commun. Par contre j'ai été étonnée du faible « pourcentage d'internautes » déclarant connaître les mots « zélateur », « uhlan », « barcarolle » ou « omphalos ».
Reste à définir ce qu'est, pour ce site, un internaute et un pourcentage.

21 avril 2007

Aimé

On regardait LCI ce soir, et on a vu voter Aimé Césaire, bon pied bon œil .
— Nom d'un chien ! Aimé Césaire !! Mais quel âge a-t-il ? m'exclamai-je.
— Oh, peut être 150 ans, mais pas plus, me répondit M.
Après vérification sur Wikipedia, il n'en a que 95.

20 avril 2007

La différence


À la demande générale, voici la photo de l'affiche en question dans mon post d'hier.

19 avril 2007

Vote utile

Dans la station Place de Clichy, quelqu'un a écrit au feutre un slogan électoral au dessus d'une affiche de l'escalier, ce qui donne la lecture étonnante que voici :

Votez, utile, votez à gauche
Nous vous rembourserons la différence

Tremplin

J'espère que les « emplois tremplins » promis par Ségolène Royal ne seront pas des emplois « trempartiels » !

15 avril 2007

Épaules

Hier soir, sur une chaîne câblée, le journaliste Éric Zemmour s'est permis de dire à propos de Ségolène Royal : « Je persiste à penser qu'elle n'a pas les épaules pour le poste ». Cette réflexion stupide a eu le don de mettre M. hors de lui :
et, s'adressant à la télé, il a crié :

— « Pas les épaules ? Eh bien, elle a les hanches, crétin ! »

10 avril 2007

Réforme

Je me souviens qu'il y a deux sortes de croix huguenote : celle avec la « coucourde » et celle avec le « petit canard ».

09 avril 2007

Ballet

Le sacre du Printemps

Mars, tendre supplice,
Trip dense, mescal pur,
Déprimant sépulcres
De tremplins aperçus,
Ample Prince des ruts,
Esprit nul de crampes
Pulsant cri de sperme,
Sprinter pâmé de culs,
Transpercé de pilums,
Danse l’impur respect !

EC

08 avril 2007

Joyeux Noël

Attention aujourd'hui à ne pas confondre une messe de Pâques et une passe de mec.

***
Faire gaffe aussi à ne pas mélanger les lendemains qui chantent avec les champs de lin qui mentent.

***

07 avril 2007

06 avril 2007

Mygale


Avec un parfait ensemble la presse titre ce matin que les deux randonneurs disparus en Guyane sont « sains et saufs ». Sains et saufs, sauf qu'ils n'ont pas l'air très sains après avoir perdu 20 kg et bouffé des mygales.

***

Les oulipiens étaient hier réduits à 4 : Bénabou, Salon, Grangaud et Caradec ont planché sur le thème du rayon vert. Au dîner, nous nous sommes retouvés à 8 dont P. D. venu spécialement de Bruxelles, et Dominique nous a conté ce délicieux dialogue entre une fille et sa mère au rayon disque de la Fnac : — dis, maman, ça veut dire quoi « en public » ? Et la mère de répondre tout naturellement : — Ça veut dire « live », ma chérie.

02 avril 2007

Escalope

Elle est blonde et lui brun mais ils sont sans doute frère et sœur car ils ont les mêmes sourcils noirs. Il lui raconte la soirée où il a bu 5 whiskies et où il a vu Élise. Depuis le temps qu’ils ont envie d’être amants tous les deux.

Elle s’étonne.

— Pourquoi ça ne s’est pas fait ? demande t-elle abruptement.

— Elle était maquée à l’époque où.

Alors elle lui fait part de sa déprime, son amie vient de rompre avec elle.

— J’ai très peur qu’elle m’ait trop abîmée pour que je puisse encore aimer la vie.

Des répliques comme celle-là, on en entend surtout dans les séries américaines, mais on est dans un bistrot bien parisien, devant une escalope milanaise sèche et des spaghettis trop cuits qui nagent dans la sauce.

Il lui prodigue de bons conseils et lui promet de nouvelles rencontres.

— Mais Aurélie est avec Iris, dit-elle, même que c’est moi qui les ai présentées, quant à Laura elle vit avec Julie, et c’est aussi par moi qu’elle se sont connues.

— Et pourquoi tu n’essaierais pas avec un mec ? dit il d’une voix neutre.

Elle ne prend pas mal la question et lui répond sur le même ton.

— Pour moi les mecs c’est des hommes troncs. J’aime le haut mais pas le bas.

Et elle recommence à se plaindre.

— Je me sens seule, dépossédée. J’avais quelque chose et je n’ai plus rien.

Tout en écoutant leur conversation, j’ai fait les mots croisés du Figaro d’aujourd’hui. J'ai même attaqué le Su Do Ku, en me disant : c’est bien la peine d’être lesbienne pour être aussi conne qu’une femme mariée.

30 mars 2007

Ô lac


J'ai sérieusement attaqué la mise en pages du numéro 11 de Formules, et je n'ai pas vraiment le temps de raconter mon escapade d'hier à Annecy. Juste une photo du lac pour prouver que j'y étais et qu'il faisait un temps splendide.
Un bonjour amical à Marybel qui a mis en musique mon Petit Chaperon rouge, à Elden qui l'a si bien chanté, et à ses copains vibraphoniste et saxo qui l'ont accompagné avec tant de conviction.

28 mars 2007

Acanthe

En passant ce matin devant « La feuille d'acanthe », rue Legendre, je me suis demandé comment je n'avais pas été frappée plus tôt par l'évidence contrapétique de ces mots.

26 mars 2007

L'eau d'amour nua Laure Manaudou

Au dîner, nous avons vu à la télé un morceau des exploits de notre championne Laure Manaudou. M. , très impressionné et même quasiment estabousi (1), me dit solennellement après la séquence et un instant de réflexion (2) : «Merde ! On a tiré le génie du siècle, et c'est pas en politique».
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Notes :
1) estabousi = stupéfait, abasourdi en occitan (provençal).
2) ceci est un zeugme.

24 mars 2007

Kaunas

L'équipe de France de Football (4e au classement mondial de la Fifa) joue ce soir à 18 h contre celle de Lituanie (76e), mais paraît très inquiète avant d'aborder ce que certains journaux appellent le «match piège ».
C'est tout à fait normal. Imaginez qu'on perde : on dirait partout que l'équipe de France est restée au stade de Kaunas.

23 mars 2007

Journaux


Comme je déteste attendre sans lire, et que j'attendais des amis pour aller inaugurer le Salon du Livre, j'ai décidé hier soir d'acheter le Monde, pour lire son supplément. Il n'y en avait plus. J'ai acheté Libé, en désespoir de cause, car j'ai du mal à supporter le ton convenu de ce qu'on appelle l'écriture journalistique, sans parler des fautes de français, d'orthographe, et de typographie trop habituelles dans ce journal. Mais là, surprise ! Le ton n'était pas le même, les fautes ne m'ont pas sauté aux yeux, les brèves avaient un petit goût d'ironie fort plaisant, les articles plus longs avaient chacun un (comment dit-on déjà) style, et certains — comme celui de Marie Darrieusecq sur Total — m'ont rappelé ceux que nous pouvions écrire il y a 35 ans à l'ESJ, bref j'ai vraiment lu (et pas scanné) le journal. Libé avait abandonné sa rédaction à des écrivains. Dommage que ce ne soit pas tous les jours, je m'abonnerais.

À propos de fautes, le Canard enchaîné n'en fait pas souvent, mais dans le numéro d'avant-hier on en voit une splendide : à propos du petit Marcel (Proust), on peut lire dans un titre les mots « Balbeck Cabourg ». Balbeck, c'est au Liban. Dans la Recherche, c'est Balbec. Cela méritera un « Pan sur le Beck » mercredi prochain !

20 mars 2007

Oupolpo ?

Martin m'a conseillé ce site, et il a eu raison. Bien qu'il existe depuis exactement 1 mois, il m'avait échappé. En les découpant puis en les recollant, Stéphane Bellenger a trafiqué certains discours politiques de Sarkozy, Chirac, De Gaulle, Royal, de Villiers ou Jospin, jusqu'à les rendre soit incompréhensibles soit surréalistes, tout en conservant leur petite musique intrinsèque, celle qui constitue peut-être l'essentiel du discours. Les tics des personnages sont respectés, leur respiration aussi. C'est non seulement drôle à entendre, mais c'est aussi bidonnant à regarder, car Stéphane Bellenger est un excellent comédien.

16 mars 2007

No comment

A. C. vient de m'envoyer cette photo qu'il avait reçue de qui l'avait reçue de, etc. Bref elle circule viralement, et on comprend pourquoi. Quelquefois, l'imagination fait peur.

15 mars 2007

Mi-carême

Ce matin, j'ai croisé Spiderman en poussette. Quatre princesses dont les manteaux contenaient mal un jaillissement de froufrous roses attendaient au feu rouge pour traverser la rue. La traîne noire d'une sorcière en pleurs zigzaguait derrière elle comme une queue diabolique. C'était la fête à l'école catholique du coin.

13 mars 2007

Quand ça vous prend...

Depuis Saturne, en continuant sous Photoshop, j'ai trouvé un nouveau procédé pour créer de belles images en nuances de gris, avec des effets de drapés, de plis, de transparence, de lambeaux, de contrastes et de superpositions. Du coup, j'en ai fait une bonne quinzaine dans la foulée. Ça désénerve. Et puis j'ai essayé en couleurs et ça n'est pas mal non plus. Mais je ne vais pas tout montrer à la fois !

12 mars 2007

Cuiller à pot

Pas mal ce tableau abstrait. Cubiste, sans doute ? De qui peut-il bien être ?
Ne cherchez plus, je viens de me le fabriquer en deux coups de cuiller à pot à l'aide de Photoshop et à partir d'une belle photo de Saturne que j'ai trouvée sur le site de la Nasa, très précisément ici.

11 mars 2007

Miel

On dirait que c'est le printemps. J'ai surpris tout à l'heure sur le balcon une abeille qui faisait son miel de notre romarin, en fleurs depuis déjà quelques jours. Peut-être vient-elle des ruches de l'Opéra, qui ne sont pas très loin à vol d'hyménoptère.

10 mars 2007

Revirement

Entendu à midi aux actualités de France 3, à propos du boxeur Brahim Asloum qui tentera aujourd'hui de conquérir le titre mondial des poids mouche en défiant l'Argentin Omar Narvaez, et qui était parti se recycler à l'étranger après une défaite cuisante contre Parra :
« Brahim a opéré un revirement comportemental de 360° ».
Un tour pour rien, en quelque sorte.

09 mars 2007

Question de sexe

Les habitués de la liste Oulipo connaissent un Alain Chevrier érudit amateur de contraintes, membre actif de l'équipe de Formules, auteur admiré de deux livres de poétique parus aux Belles Lettres et qui font référence : Le sexe des rimes (1996) et La syllabe et l'écho, Histoire de la contrainte monosyllabique, (2002) . Ils connaissent moins le psychiatre et le chercheur passionné par l'histoire de la psychiatrie. L'Histoire de Mademoiselle Rosette, Testament cassé d'un homme qui croyait être fille paru chez Gallimard dans la collection le Cabinet des lettrés, leur donnera l'occasion de découvrir cette facette de son talent. Ce bouquin, formé d'un récit du XVIIIe siècle « traduit » en langage moderne, d'un document juridique, et de commentaires de l'auteur, se lit en fait comme un petit roman. C'est la triste et véridique histoire d'un monsieur persuadé depuis l'enfance d'être de sexe féminin, qui persiste dans son idée et dans son travestissement malgré les injonctions de son entourage qui le dit fou et le fait huer par les petits enfants. Il finit à force de contraintes exercées sur son corps, par en mourir, et par signer plus ou moins consciemment un testament en faveur de l'hôpital. Le procès en captation d'héritage qui s'ensuivit a empêché l'histoire de tomber dans l'oubli. Alain Chevrier rassemble et présente de façon très claire à partir de ce récit et d'autres exemples, toutes les références permettant de comprendre comment le regard sur les travestis et les transsexuels a pu évoluer au cours des siècles. Passionnant.

Pékinois

Jacques Perry-Salkow est un auteur comme on en voit peu : il a le don de rendre lisibles, naturelles et poétiques les contraintes les plus difficiles, comme le palindrome, et on espère d'ailleurs que le livre « Sorel Eros », qu'il a écrit avec Frédéric Schmitter, connaîtra le même heureux sort que ce « Pékinois » qui vient de sortir au Seuil. Une très belle édition reliée, pour ce recueil d'anagrammes sur les noms de célébrités réelles ou fictionnelles, que je conseille à tous. Aucune de ces anagrammes n'est vaine, toutes expriment ou révèlent quelque chose sur le personnage. Par exemple, Robert Doisneau, « d'où notre baiser » Oussama Ben Laden, « À l'aube sans monde », ou encore Albert Einstein, « Rien n'est établi ». Quant à la dédicace, « Je dédie à Élisabeth et Pierre ces habiletés et prière », je ne peux m'empêcher d'en piquer pour moi une petite partie, Babeth me pardonnera ! Le livre de Jacques a circulé hier soir de main en main après le jeudi de l'Oulipo consacré cette fois à la couleur jaune et à Tristan Corbière, ce poète breton mal connu, auteur des « amours jaunes », et qu'on a tous eu, du coup, envie de découvrir. Voici par exemple un extrait d'un de ses poèmes, consacré au vieux Roscoff :
Où battaient-ils, ces pavillons,
Écharpant ton ciel en haillons !...
– Dors au ciel de plomb sur tes dunes...
Dors : plus ne viendront ricocher
Les boulets morts, sur ton clocher
Criblé – comme un prunier – de prunes...

07 mars 2007

Fécule

Je bosse beaucoup en ce moment, d'où la raréfaction de mes posts. Et puis, il faut bien l'avouer, rien de très enthousiasmant ne se passe en ces temps de campagne morne, en tout cas rien d'assez motivant pour bloguer. Heureusement, j'ai regardé le journal de TF1 ce soir, dans lequel enfin, une nouvelle intéressante a crevé le petit écran. On vient de découvrir un retardateur de feu pour une fois efficace, qui est un mélange de fécule de pommes de terre et d'eau. La démonstration était imparable. Trois niches de chien en contreplaqué, l'une arrosée de retardateur normal, l'autre d'eau et la troisième de ce mélange, et paf, évidemment, seule la niche en fécule résistait vaillamment à l'épreuve du feu, il paraît qu'une croûte isolante et protectrice se forme sous l'action de la chaleur. Voilà donc quelque chose d'à la fois écologique, efficace et pas cher, et qui redonne de l'espoir à nos braves paysans : je souscris !
D'autant plus que la rime est riche de possibilités.
"Quand j'avance ma fécule
le feu le feu le feu le feu
le feu recule"
Bon j'arrête.

25 février 2007

Lille

Retour de Lille, où nous avons visité l'appartement que louent N. et R. : un deux pièces refait à neuf, dans la rue même où j'habitais il y a... hum... une trentaine d'années.
Ce matin, fidèles à la tradition, nous avons arpenté le marché de Wazemmes, sans M. qui, un peu malade, n'avait pas voulu affronter ce temps gris, froid et pluvieux. Et devant le marché aux animaux (pigeons, poules, chiens) nous avons été abordés par Max, un journaliste anglais (cheveux gris, yeux bleus, la petite quarantaine) et son cameraman (la cinquantaine bien tassée, cheveux blancs assez longs), qui affirmaient travailler pour Al Djezirah et avaient cru reconnaître en notre petit groupe la maman, le fils et la fille d'une famille de french muslims typique. Fatale erreur.
Je n'étais pas voilée, ni N., mais malgré ça c'est au mâle R. qu'ils se sont adressés, lui demandant son avis sur le Pen. (Ce dernier était en effet de passage à Lille, où il ferait paraît-il 14 %, ce qui avait provoqué une manif des anars et autres extremegauchistes.)
R. a répondu posément, exprimant sa confiance dans le vote des Français. Ils ont eu l'air un peu déçus quand il leur a dit à la fin qu'il était Portugais.

22 février 2007

léger léger, on décompresse

Le pauvre Dupont-Aignan, dissident de l'UMP, se plaint ne n'avoir pas encore réussi à réunir ses 500 signatures. Je lui conseille de suivre l'inclination naturelle de son nom, d'aller voir les maires et :
— « Du gnon, et pan ! »

À part ça, j'ai adoré l'intervention de Gelluck à l'émission de Ruquier hier soir, à propos du match de foot Lyon Rome. L'équipe de Lyon, qui n'avait pas encore joué, avait été reçue par le pape.
Et Gelluck : — « Benoit 16, Lyon 0 » !

18 février 2007

Anagrammes

J'ai remarqué il y a quelques jours qu'une des anagrammes de Loin de Rueil était :
« Lire d'un œil ».

Şardone


Şardone, en azerbaïdjanais, ça se prononce « Chardonnay ». Nous avons donc bu samedi cette bouteille de şardone, que L. nous avait apportée. Franchement, ce n'était pas la bouteille du siècle, et heureusement qu'il nous restait une bonne vieille bouteille de Chardonnay ardéchois en réserve. Mais cela nous a permis d'apprendre plein de choses sur ce pays, et d'abord qu'il y fait assez beau pour qu'on y cultive la vigne. Ensuite que leur langue est une langue proche du turc, c'est à dire agglutinante et qui pratique l'harmonie vocalique. Leur alphabet est latin avec quelques lettres surnuméraires, comme le ə qui, contrairement à ce qu'on pourrait penser, n'est pas un schwa, mais une voyelle « basse supérieure antérieure non arrondie », qui se prononce quelque part entre le « è » et le « eu » (le eu de peur, pas celui de meuh), bref le [æ] de l'alphabet phonétique. L. part pour Bakou dans quelque temps, il devra faire attention : le régime azerbaïdjanais, quoique aligné sur les USA, n'est pas précisément démocratique. Les Russes, eux, soutiennent les Arméniens. N'y aurait-il pas là dessous une histoire de pétrole ? Là encore, Google Earth s'avère d'une grande utilité. Je n'avais pas repéré que l'Azerbaïdjan avait une frontière commune avec l'Iran.

Scriptorium

Le temps passe vite en ce moment : plus d'une semaine que je n'ai pas blogué ! Il s'est pourtant passé des choses dignes d'être racontées. Par exemple, j'ai lu le dernier Paul Auster, Dans le scriptorium, et je l'ai trouvé excellent. L'histoire est courte, admirablement construite, et autoréférente (évidemment). Un monsieur vieux mais sans âge, sans mémoire, et dont le nom exprime à la fois le vide et la blancheur (Mr Blank) se trouve dans une chambre d'hôtel ou d'hôpital dont il ne peut sortir (est-elle d'ailleurs vraiment fermée à clef ?) mais où pénètrent successivement plusieurs personnages qui semblent le connaître mieux qu'il ne se connaît lui-même. Sur un bureau, le manuscrit d'une histoire uchronique et inachevée qui évoque par moments celle de l'extermination des natives americans, et une pile de photos d'hommes et de femmes — dont ceux, justement qui viennent le visiter, sur lesquels il essaie de mettre un nom. Un nom qui rappelle quelque chose aux lecteurs de Paul Auster, car ces hommes et ses femmes sont les personnages de l'écrivain, Mr Blank ou Paul Auster. Je n'en dirai pas plus mais sachez qu'en ouvrant le livre, j'ai pensé au Chiendent de Queneau, et en le refermant au Vol d'Icare du même.

11 février 2007

Désert

Ceci n'est ni un tableau, ni à proprement parler une photo. Même si c'est un tableau ou une photo que j'aurais aimé faire. Ce n'est qu'une capture d'écran, réalisée alors que je voyageais sur Google Earth quelque part entre le Yemen et le Bahrain. Les formes arrondies de ces reliefs m'évoquent une foule de spectres vêtus de leurs linceuls qui essaient vainement d'émerger du magma où ils grouillaient. Une anti résurrection en quelque sorte. Ou une illustration pour l'enfer de Dante.