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26 mai 2017
Le cinoque en forme de S
J’ai croisé le Cinoque en forme de « S », ce matin un peu après dix heures dans la rue de la Chaussée d’Antin, devant les vitrines des Galeries Lafayette. Barbe et cheveux blancs, coiffé d’un béret, il est maigre, et sans doute, déplié, serait-il de haute taille. Malgré sa posture renversante, la verticale de son centre de gravité doit passer par son polygone de sustentation, sans quoi il se casserait la gueule. Mais il marche, très lentement, le bassin en avant, les épaules en arrière, les bras ballants, en traînant ses charentaises d’où émergent des chaussettes blanches tachées de jaune. De temps à autre il s’arrête et fixe le trottoir devant lui, comme s’il allait parler. Pourtant aucun son ne sort de sa bouche.
13 mars 2016
Le cinoque de la ligne 7
Samedi 12 mars, vers 8 h 30, en allant à la Journée Queneau, ligne 7, nous remarquons un homme de 60 à 65 ans, cheveux gris bouclés, traînant un caddie entouré de multiples ficelles et bouts de tissu, vêtu d'un pantalon de velours à grosses côtes beige propre, de grosses chaussures de marche en daim, d'une veste grise trop grande pour lui, d'une chemise écossaise bleue et d'une cravate bordeaux. Il parle assez fort, s'adressant semble-t-il à l'un des passagers, qui le regarde en souriant : on distingue les mots «Algérie», «gouvernement français». Le passager souriant une fois descendu, l'homme continue à parler très fort. De temps en temps il lance la jambe gauche ou le bras droit en avant. Puis il se frappe trois fois la tête contre la vitre. On entend les mots «Sully-Morland» et «Jussieu» (prononcé Jussion). Il descend à Monge en traînant son caddie. La démarche est saccadée.
(À la manière de Claude Meunier, http://www.claude-meunier.com/les-cinoques-3.html )
13 juillet 2013
Le cinoque de Saint-Jean
Samedi, dans l’exceptionnelle église « art nouveau » Saint Jean de Montmartre, rue des Abbesses, où je me trouve en compagnie de ma fille, nous remarquons l’étrange manège d’un homme mince et jeune (entre 30 et 40 ans), vêtu normalement, des écouteurs dans les oreilles : trempant la main dans l’eau d’un bénitier tenu par un ange, il en touche les joues de l’ange, puis le menton, puis les oreilles, dans un geste caressant, presque érotique, qu’on dirait copié sur celui des publicités pour les parfums. Il fait de même avec le deuxième ange, situé de l’autre côté de la porte, puis successivement parfume d’eau bénite l’ensemble des statues de l’église. Il n’a par ailleurs aucun geste de piété catholique traditionnelle : pas de génuflexion, pas de signe de croix, pas de mains jointes ni de tête baissée. Je pense immédiatement aux « cinoques » de Claude Meunier et j’essaie, à sa manière, de le photographier.
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| Coupe de l'église Saint Jean de Montmartre |
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